La vie c'est un petit bout de lumière qui finit dans la nuit.
Auteur
Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline
On parle souvent des illusions, qu'elles perdent la jeunesse. On l'a perdue sans illusions la jeunesse. Encore des histoires ! ...
La vie c'est une classe dont l'ennui est le pion, il est là tout le temps à vous épier d'ailleurs, il faut avoir l'air d'être occupé, coûte que coûte, à quelque chose de passionnant, autrement il arrive et vous bouffe le cerveau.
D'ailleurs, les fleurs, c'est comme les hommes... Et plus c'est gros et plus c'est con !
Alors j'ai bien vu revenir les mille et mille petits canots au-dessus de la rive gauche... Ils avaient chacun dedans un petit mort ratatiné dessous sa voile... et son histoire... ses petits mensonges pour prendre le vent...
Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tous seuls.
La jeunesse vraie, la seule, Curé, c'est d'aimer tout le monde sans distinction, cela seulement est vrai, cela seulement est jeune et nouveau.
Entre le pénis et les mathématiques, il n'existe rien ! Rien ! C'est le vide !
A quoi que ça sert-y d'être adoré ? Voulez-vous me le dire ? Est-ce que ça m'empêchera d'avoir un cancer du rectum, si je dois en avoir un !
L'existence, ça vous tord et ça vous écrase la face. Les pauvres sont fadés. La misère est géante, elle se sert pour essuyer les ordures du monde de votre figure comme d'une toile à laver.
On ne peut pas se retrouver pendant qu'on est dans la vie. Y a trop de couleurs qui vous distraient et trop de gens qui bougent autour. On ne se retrouve qu'au silence, quand il est trop tard, comme les morts.
C'était comme si on avait essayé en m'engueulant très fort de me donner l'envie d'aller me suicider. Ces choses-là on les a ou on ne les a pas.
Faut pas croire que c'est facile de s'endormir une fois qu'on s'est mis à douter de tout, à cause surtout de tant de peurs qu'on vous a faites.
La marchande de pantoufles sort de chez elle et promène, en bavardant, d'une devanture voisine à l'autre, ses kilos de varices après les jambes.
Le monde ne sait que vous tuer comme un dormeur tue ses puces. Voilà qui serait certes mourir bien sottement, que je me dis, comme tout le monde, c'est-à-dire.
A Paris, sans fortune, sans dettes, sans héritage, on existe à peine déjà, on a bien du mal à ne pas être déjà disparu.
Ce qui nuit dans l'agonie des hommes c'est le tralala l'homme est toujours quand même en scène le plus simple.
Faire quelque chose... C'était mon devoir, comme on dit. Mais j'étais trop bien assis et trop mal debout.
Malade, je l'étais complètement, à ce point que je me faisais l'effet de n'avoir plus besoin de mes jambes, elles pendaient simplement au rebord de mon lit comme des choses négligeables et un peu comiques.
Ils ne savaient pas, ces primitifs, l'appeler « Monsieur » l'esclave, et le faire voter de temps à autre, ni lui payer le journal, ni surtout l'emmener à la guerre, pour lui faire passer ses passions.
Il faudra endormir pour de vrai un soir, les gens heureux, pendant qu'ils dormiront, je vous le dis et en finir avec eux et leur bonheur une fois pour toutes.
Il faut se dépêcher de s'en gaver de rêves pour traverser la vie qui vous attend dehors, sorti du cinéma, durer quelques jours de plus à travers cette atrocité des choses et des hommes.
L'Opinion a toujours raison, surtout si elle est bien conne...
La femme qui sait tenir compte de notre misérable nature devient aisément notre chérie, notre indispensable et suprême espérance.
Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout.
Œuvres de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline
Bagatelles pour un massacre (1937)Cahiers Céline, Tome ICasse-pipe (1949)Céline en verveD'un château l'autreD'un château l'autre (1947)Dans l'hebdomadaire l'Express, n° 312.Entretien avec le professeur YFéerie pour une autre foisFéerie pour une autre fois (1952-1954)Guignol's band (1944)Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud (Radio-Télévision française), printemps 1959.L'EgliseL'Eglise (1933)La Vie et l'oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1924)Le Pont de Londres (1964)Les Beaux DrapsLes Beaux Draps (1941)Lettre à Arthur MillerLettre, à Claude Lafaye, 20 octobre 1947?