Auteur

Léon Daudet

Les seules ententes internationales possibles sont des ententes gastronomiques.
Un fou peut parfaitement garder son âme intacte.
C'est un tourment de conscience que la rencontre d'opinion ou de préférence avec un sot. Alors on est bloqué, puisqu'on ne peut plus se contredire, et il n'y a plus qu'à se taire en rageant.
Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves: le Rhône, la Saône et le Beaujolais.
C'est un stoïque des grandes circonstances, que désemparent facilement les petits tracas de la vie courante.
Il n'est pas de contact plus agréable, ni plus chaud et roboratif que celui d'un officier de carrière, et je donnerais la conversation de dix académiciens pour celle d'un général Mercier, d'un Marchand ou d'un Baratier.
La perfection du palais buccal est l'apanage des hommes d'esprit.
Il a toujours profondément méprisé la nature humaine, en raison même de l'échantillon que lui renvoyait son miroir.
... rien n'est humain comme l'humanisme. Mais rien n'est inhumain comme l'humanitarisme.
Il (Ernest Renan) était devenu même populaire, car la vraie forme de la gloire est d'être admiré sans être lu, ce qui supprime les réserves et réticences.
Le maître véritable est celui qui, à travers son périple mental, s'est unifié le plus et le mieux.
La mort sans l'Eglise est sans grandeur. Elle a l'air un peu d'une formalité administrative, d'une opération d'arithmétique physiologique, d'une soustraction charnelle: Un tel y était. Il n'y est plus. Ca fait moins un. A qui le tour?...
Autant l'optimisme béat, c'est à dire inactif, est une sottise, autant l'optimisme, compagnon de l'effort, pour sortir des difficultés, des souffrances, des lésions fonctionnelles et organiques, est légitime.
Les peintres ne connaissent rien à la peinture et plus encore à leur peinture. Il a fallu toujours quelqu'un pour la leur expliquer.
Le vin est un puissant restificateur de l'hérédité.
C'est une tête de mort sculptée dans un calcul biliaire.
Elevé dans un lupanar, entremetteur dès l'adolescence, outrage public à l'âge adulte, cet homme a une tendance innée à ne connaître que le droit commun.
Elle avait une main sur les yeux, pour s'abriter du soleil de midi ...
A qui d'entre nous n'est-il pas arrivé au cours de son existence d'éprouver tout à coup, au passage d'une femme dans une rue, ou un salon, sur une route, une sorte d'aura, de frisson physique et moral ...
L'homme frappe sur l'enclume et, d'un seul coup, fait jaillir un brasillement d'étincelles par quoi toute la forge sombre s'éclaire.
En un seul point la femme le cède à l'homme: l'esprit de synthèse. La femme est plus éparse et rassemble moins.
Au point de vue du beau, la femme donne tout... Quant à l'esthétique mâle, n'en parlons pas !... Homme, va te cacher !
Le grand premier rôle de la femme et qui va grandissant du XVIe au XVIIIe siècle, c'est celui de la favorite. Deux noms, deux types se présentent aussitôt à l'esprit: Mme de Maintenon, Mme de Pompadour.
Mistral venait, accompagné d'Aubanel. En avant la félibrée !
Au pire des passions les hommes conservent un sens de l'équité qui manque aux femmes. Celles-ci, même scélérates, sont toujours intimement convaincues qu'elles ont raison. De là leur supériorité dans le combat.

Œuvres de Léon Daudet

A propos d'Aristide Briand.L'Action Française, 1er septembre 1935.La Femme et l'AmourLe bonheur d'être riche (1910)Le stupide XIXe siècle (1922)Melancholia (1927)Paris vécuParis vécu (1929-1930), Rive droiteParlant de Georges Clemenceau.Quand vivait mon père (1940)SouvenirsSouvenirs (A propos de Georges Clemenceau)