Auteur

Karl Kraus

Employer des mots inusités est une inconvenance littéraire. On ne doit présenter au public que des embûches intellectuelles.
Dans une tête vide, il entre beaucoup de savoir.
Un poète qui lit : le même spectacle qu'un cuisinier qui mange.
L'art sert à nous essuyer les yeux.
Le talent est souvent un défaut de caractère.
Les artistes ont le droit d'être modestes, et le devoir d'être vaniteux.
Triste époque où le pathos de la sensualité se ratatine en galanterie.
Une vaste culture est une pharmacie bien fournie ; mais il n'existe pas de certitude qu'on ne donne pas du cyanure pour un rhume.
On rêve souvent qu'on a des ailes. Maintenant, c'est l'humanité qui le rêve : mais elle parle trop dans son sommeil.
Le politicien est enfoncé dans la vie, on ne sait où. L'esthète fuit loin de la vie, on ne sait où.
Et si surtout la perte de la culture n'était pas achetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée.

Œuvres de Karl Kraus

AphorismesAphorismes (1998)Cité par Harry Zohn dans Karl Kraus.Dans Die Fackel n°852-856 (1931).Dans Le Flambeau.Dits et contredits (1975)La Nuit venue (1986)Pro domo et mundo (1985)Schmock ou Le triomphe du journalisme: la grande bataille de Karl Kraus (1926)Troisième nuit de Walpurgis (2005)