Quel homme a jamais pu être sur de ce qui se passe derrière son dos?
Rien n'est plus proche d'une femme ensorcelée qu'une femme éprise.
Si Dieu cessait de pardonner une seconde, notre terre volerait en éclats.
Une bibliothèque, c'est le carrefour de tous les rêves de l'humanité.
... la piété que n'accompagne pas une vive affection ressemble à une forme ennoblie du mensonge.
Dommage qu'on ne connaisse ses parents que lorsqu'ils commencent à vieillir, à perdre ce qui faisait d'eux des êtres humains.
Rien de mystérieux comme le cheminement d'une passion dans un coeur sans expérience.
... le seul fait de vivre est oppressant et l'on ne s'y habitue, sans doute, qu'en accomplissant des besognes imbéciles.
... quel homme a jamais pu être sûr de ce qui se passe derrière son dos?
Seule la monotonie d'un mal le rend vraiment insupportable.
Les enfants sont les personnes les moins bien comprises de la terre, et c'est parce que la terre est gouvernée (avec quelle sagesse, nous le voyons en 1943) par des grandes personnes qui ont oublié qu'elles furent aussi des enfants.
... une langue est un commentaire humain sur la création.
Le poète est essentiellement un homme qui a gardé au fond de lui-même le sens du mystère et la faculté de s'étonner.
... nous sommes ce que nous pensons.
... l'incertitude me paraît quelquefois beaucoup plus près de la vérité que les solutions catégoriques.
... qu'est-ce que l'invention sinon l'acte par lequel on trouve?
... la vie est un roman qui a besoin d'être récrit.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
Les livres font ceci, ils propagent le silence.
Un enfant n'a pas besoin d'écrire, il est innocent.
Un livre est une fenêtre par laquelle on s'évade.
C'est bien pire que mauvais, c'est quelconque.
Dans le langage des jardiniers, les plantes crèvent, mais les roses meurent.
La récompense des livres, c'est d'être lus.
Un écrivain traduit est un écrivain en exil dans une langue étrangère.
Œuvres de Julien Green
Adrienne MesuratAdrienne Mesurat (1927)Ce qui reste de jour (1966-1972)Ce qui reste du jour (1966-1972), Journal IX (1972)Ce qui reste du jour (1966-1972), Journal IX (1972), 16 janvier 1971Chaque Homme dans sa nuit (1960)Derniers beaux jours (1935-1939), Journal II (1939), 6 novembre 1938Derniers beaux jours (1935-1939), Journal II (1939), 8 février 1939Devant la porte sombre (1940-1943)Devant la porte sombre (1940-1943), Journal III (1946), 20 mai 1942Devant la porte sombre (1940-1943), Journal III (1946), 22 mars 1943Devant la porte sombre (1940-1943), Journal III (1946), 25 mai 1941Devant la porte sombre (1940-1943), Journal, 23 mai 1941Discours de réception à l'Académie française, 16 novembre 1972.En avant par-dessus les tombes (1996-1997), Journal XVII (2001), 1 mars 1997Jeunes Années (1985)JournalJournal (1941-1943)Journal (1971)Journal, 1 juillet 1967