Auteur

Jules Lemaître

Notre poésie a toujours trop ressemblé à de la belle prose. Ceux mêmes qui y ont mis le moins de raison en ont encore trop mis.
Etre dilettante, c'est savoir sortir de soi, non peut-être pour servir ses frères humains, mais pour agrandir et varier sa propre vie, pour avoir, au bout du compte, délicieusement pitié des autres, et non, en tout cas, pour leur nuire.
Le catholicisme est la religion qui entretient avec l'Inconnu les relations les plus dramatiques et les plus passionnées.
La critique n'est que l'art de jouir des livres.
La tolérance est la charité de l'intelligence.
Un acte vertueux, c'est l'oeuvre d'art permise à ceux qui ne sont pas artistes.
Le bonheur est si fragile qu'on risque de le perdre rien qu'en en parlant.
De peindre ainsi les nonnes, puis de railler si doucement leurs menus travers, gourmandise, bavardage, mièvreries et langueurs, ce fut, pour le jésuite, une façon détournée de s'occuper des femmes sans offenser le ciel.
Toute passion où il entre de la colère déforme et enlaidit les traits.
Le divorce était donc complet entre sa vie extérieure et ses pensées intimes.
Qu'est-ce donc, en effet, que le snobisme? C'est l'alliance d'une docilité d'esprit presque touchante et de la plus risible vanité.
Les pensées et maximes sont un genre épuisé et un genre futile.

Œuvres de Jules Lemaître

Les ContemporainsLes Contemporains. Etudes et portraits littéraires (1886-1899), Comtesse DianeLes Contemporains. Etudes et portraits littéraires (1886-1899), VIILes Rois (1893)Myrrha, préfaceTexte autographe reproduit dans l'Anthologie des poêtes français contemporains de G. WalchThéories et impressions