Auteur

Joseph Joubert

Toute inconstance est un tâtonnement.
La volonté est une main avec laquelle on plie au dedans de soi tout ce qu'on veut.
On a besoin, pour vivre, de peu de vie. Il en faut beaucoup pour aimer.
L'attention (de celui qui écoute) sert d'accompagnement dans la musique du discours.
Le bien vaut mieux que le mieux.
Imitez le temps. Il détruit tout avec lenteur. Il mine, il use, il déracine, il détache et il n'arrache pas.
On entend dans leurs paroles le tintement de leurs cerveaux.
Tout ce qui corrompt fermente.
N'élevez pas ce qui est fragile, c'est-à-dire ne l'exposez pas à tomber.
Oeil - est le soleil de la face.
Le son est au vent ce que la flamme est à la chaleur.
L'évanouissement est une mort courte.
Ceux qui n'ont à s'occuper ni de leurs plaisirs ni de leurs besoins sont à plaindre.
Une conversation ingénieuse avec un homme, c'est une mission. Avec une femme, c'est une harmonie, un concert. Il y a le rapport de l'octave à la basse. Vous sortez satisfait de l'une, vous sortez de l'autre enchanté.
C'est une grande vérité qu'il y a des erreurs invincibles qu'il ne faut jamais attaquer.
La lumière. C'est un feu qui ne brûle pas.
Si la nouveauté est indispensable aux passions pour les faire naître, la variété leur est nécessaire pour subsister.
La politesse est une sorte d'émoussoir qui enveloppe les aspérités de notre caractère et empêche que les autres n'en soient blessés.
Il faut toujours avoir un peu de condescendance pour les auteurs qu'on lit et se prêter à leurs imaginations quand quelque génie les distingue.
Il shakespearise souvent.
Le sublime est la cime du grand.
Les superstitions sont à la religion ce que la fable est à la poésie.
Dans le discours, la passion (qui est véhémente) ne doit être que la dame d'atours de l'intelligence, qui est tranquille. Il faut, il est permis, il est même louable de parler avec son humeur, mais il ne faut penser et juger qu'avec sa raison.
Supposer vrai n'est pas proprement croire.
Il est des esprits voyageurs qui aiment à parcourir les livres et en rapportent le souvenir de tout ce qu'ils ont lu. Ceux-là doivent, comme Bayle, composer des dictionnaires, des recueils, etc.

Œuvres de Joseph Joubert

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