En politique, il faut toujours laisser un os à ronger aux frondeurs.
Auteur
Joseph Joubert
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L'espace est la stature de Dieu.
Il entre, dans toute espèce de débauche, beaucoup de froideur d'âme. Elle est un abus réfléchi et volontaire du plaisir.
Il y a des esprits qui vont à l'erreur par toutes les vérités; il en est de plus heureux qui vont aux grandes vérités par toutes les erreurs.
Parler plus bas pour se faire mieux écouter d'un public sourd.
Quand on écrit avec facilité, on croit toujours avoir plus de talent qu'on n'en a.
Le son du tambour dissipe les pensées. C'est par cela même que cet instrument est éminemment militaire.
Un jeune homme méfiant est en danger d'être un jour fourbe.
L'art est de cacher l'art.
Dieu est le lieu où je ne me souviens pas du reste.
Enseigner, c'est apprendre deux fois.
Il est impossible que Voltaire contente, et impossible qu'il ne plaise pas.
Il faut mourir aimable (si on le peut).
Il ne faut choisir pour épouse que la femme qu'on choisirait pour ami, si elle était homme.
Il y a dans l'art beaucoup de beautés qui ne deviennent naturelles qu'à force d'art.
Combien de gens ne sont abstraits que pour paraître profonds.
Recevoir des bienfaits de quelqu'un est une manière plus sûre de se l'attacher que de l'obliger lui-même. La vue d'un bienfaiteur importune souvent, celle d'un homme à qui l'on a fait du bien est toujours agréable. Nous aimons notre ouvrage en lui.
On peut bien dire à un homme sage «Vous êtes fou». On peut bien dire à un homme d'esprit «Vous êtes un sot». Mais le moyen de dire à un sot qu'il est un sot et à un fou qu'il est un fou?
Un homme qui ne montre aucuns défauts est un sot ou un hypocrite dont il faut se méfier. Il est des défauts tellement liés à de belles qualités, qu'ils les annoncent et qu'on fait bien de ne pas s'en corriger.
On n'est moins ennemi de ceux qui nous haïssent que de ceux qui nous méprisent.
On est plus à son aise avec un homme que l'on hait qu'avec un homme qui nous dégoûte.
Quand on blâme les hommes, il faut leur prouver qu'on a pu les connaître et qu'on n'a pas décidé légèrement.
Voulez-vous connaître le mécanisme de la pensée, et ses effets? lisez les poètes. Voulez-vous connaître la morale, la politique? lisez les poètes. Ce qui vous plaît chez eux, approfondissez-le: c'est le vrai.
Les plaisirs dont on se souvient sont plus doux et moins vifs que ceux qu'on imagine.
La vertu, c'est la santé de l'âme.
Œuvres de Joseph Joubert
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