Beaucoup d'académiciens sont plus épuisés que leurs oeuvres.
Ce qui demeure le plus difficile à pardonner, c'est la charité qu'on a reçue.
Couper le téléphone chez soi, de temps en temps, est une jouissance comparable à celle de la ballerine qui enlève ses chaussons et son tutu.
Dans le train, un pervers réserve toujours sa place dans le wagon de queue.
Il n'y a pas de fumeur sans feu.
L'amour éternel relève du hasard ou de la mort prématurée.
Le sandwich à la mayonnaise est sponsorisé par la Chambre Syndicale de la Teinturerie.
Le taxi est comme le prêt bancaire. Très difficile à trouver quand on en a besoin.
Rentrer son ventre sur la bascule ne rend pas moins lourd.
Si les artistes sont des pelouses, les imprésarios en sont les tondeuses.
Un cheveu sur la tête c'est peu, dans la soupe c'est beaucoup.
Un incinéré ne peut pas se retourner dans sa tombe.
Un ouvrier mégalo, c'est pas fréquent.
Une poule devant une omelette contemple l'ensemble de son oeuvre.
Dieu ne recevra jamais le prix Nobel de la paix.
«Mon Dieu, soyez humain» est l'invocation la plus bête du monde.
Qui suis-je? - Où vais-je? - Qu'est-ce qu'on mange à midi?
La modestie cache souvent une médiocrité lucide.
Pour tout croyant, la mort est une promotion.
Celui qui vole avec de l'argent dans la poche se fait peur. Le fauché qui vole a peur.
Quand je croise un bossu, je me voûte légèrement, par délicatesse.
« Y'aurait beaucoup à dire », phrase préférée des gens n'ayant rien à dire et qui sont obligés de faire semblant.
Une pendule arrêtée donne l'heure exacte, deux fois par jour.
Le jour où les esturgeons apprendront le prix du caviar, ils deviendront prétentieux.
A la fin de sa vie, quand Orson Welles était dans sa baignoire, - C'était l'eau ou lui.
Œuvres de José Artur