Il n'est pas nécessaire de construire un labyrinthe quand l'Univers déjà en est un.
Auteur
Jorge Luis Borges
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Dormir est se distraire de l'univers.
Une maison ne peut pas différer d'une autre: ce qui importe c'est de savoir si elle est construite en enfer ou dans le ciel.
Expliquer (ou juger) un fait c'est l'unir à un autre.
Tous les hommes, au moment vertigineux du coït, sont le même homme. Tous les hommes qui répètent une ligne de Shakespeare, sont William Shakespeare.
... blâmer et faire l'éloge sont des opérations sentimentales qui n'ont rien à voir avec la critique.
... l'ambiguïté est une richesse.
... Il n'y a pas d'exercice intellectuel qui ne soit finalement inutile.
La gloire est une incompréhension, peut-être la pire.
Que le ciel existe, même si ma place est en enfer.
La certitude que tout est écrit nous annule ou fait de nous des fantômes.
Omettre toujours un mot, avoir recours à des métaphores inadéquates et à des périphrases évidentes, est peut-être la façon la plus démonstrative de l'indiquer.
Dormir c'est se distraire du monde.
Penser, c'est oublier des différences, c'est généraliser, abstraire.
Ce que fait un homme c'est comme si tous les hommes le faisaient. Il n'est donc pas injuste qu'une désobéissance dans un jardin ait pu contaminer l'humanité; il n'est donc pas injuste que le crucifiement d'un seul juif ait suffi à la sauver.
... prévoir un détail circonstanciel, c'est empêcher que celui-ci se réalise.
Qui se résigne à chercher des preuves d'une chose à laquelle il ne croit pas ou dont la prédication ne l'intéresse pas?
Les années ne modifient pas notre essence, si tant que nous en ayons une.
Je suis un homme lâche: je ne lui donnais pas mon adresse pour m'éviter l'angoisse d'attendre des lettres.
Il y a un plaisir mystérieux dans le fait de détruire.
Les mots sont des symboles qui postulent une mémoire partagée.
L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec des morts.
Pour voir une chose il faut la comprendre. ... Si nous avions une vision réelle de l'univers, peut-être pourrions-nous le comprendre.
On finit toujours par ressembler à ses ennemis.
A tous la vie donne tout mais la plupart l'ignorent.
Œuvres de Jorge Luis Borges
Abenhacan El Bokhari mort dans son labyrintheAtlas (1984)Biographie de T.I. CruzCité par Mario Paoletti et Pilar Bravo dans Borges verbal (1999).Cité par Rodriguez Monegal dans Borges par lui-même (1978).ConférencesConférences \"La Kabbale\" (1985)Conférences, La poésieDeutsches RequiemDiscussion (1932)Emma ZunzEnquêtes (1952)Evaristo Carriego (1930)Fictions (1944)Fictions, Le jardin aux sentiers qui bifurquent (1944)Fragments d'un évangile apocryphe, Éloge de l'ombre (1969)Funes ou la mémoireHistoria de la eternidadJuan MurañaL'Aleph (1949)