Les jeunes sont tellement puritains! Ils veulent se laver de la souillure du bien-être et ils en reviendraient volontiers à l'arc, aux flèches, et à l'empereur Barberousse.
J'ai appris à interpréter toute la vie en termes de conspiration.
L'espionnage a une loi morale, il est justifié par les résultats
Vivre aux crochets de l'intelligence de ses subordonnés, ma foi c'est peut-être comme ça qu'on est un chef aujourd'hui.
Woodrow et Gloria se disaient souvent en citant le proverbe chinois que les invités, c'est comme le poisson : ça pue dès le troisième jour.
Ils déambulèrent dans les jardins de Clare College et, au lieu de lui parler de la sanglante Bosnie, Justin lui présentat chaque plante par ses prénom, nom de famille et profession.
Une photo d'identité de la police en noir et blanc : face et profil, deux yeux au beurre noir, les lèvres fendues et enflées de celui qui vient de faire des aveux spontanés.
On est peut-être les gentlemen anglais fair-play, mais on est aussi les enfoirés de la perfide Albion.
On croyait aux choses parce qu'on avait besoin de croire. Mais l'objet même de la foi n'avait aucune valeur en soi, aucune fonction véritable.
Le contre-espionnage ne se justifie que par le rendement. C'est la loi morale du métier.
Nous avons une éthique, dans notre métier. Une éthique basée sur une seule présomption : que jamais nous ne serons les agresseurs. Si bien que nous faisons de temps à autre des choses désagréables, mais toujours strictement défensives, si je puis dire. Nous faisons des choses pas agréables pour que les gens puissent dormir en paix.
En soi, la pratique du mensonge n'a rien de particulièrement éprouvant : c'est une question d'habitude professionnelle, une ressource que la plupart des gens peuvent acquérir. Mais alors que l'aigrefin, l'acteur de théâtre ou le joueur professionnel peuvent rejoindre les rangs de leurs admirateurs après la représentation, l'agent secret, lui, ne peut pas se payer le luxe de la détente
Pour l'agent secret, l'imposture est avant tout de l'autodéfense. Il doit se protéger non seulement des dangers extérieurs, mais aussi du dedans, et contre les plus naturelles des impulsions ; bien qu'il gagne parfois des fortunes, son rôle peut lui interdire l'achat d'un rasoir. Érudit, il peut se voir astreint à ne prononcer que des banalités. Mari et père de famille dévoué, il lui faut, en toute circonstance, refréner son envie de se confier aux siens.
Pour l'agent secret, l'imposture est avant tout de l'autodéfense. Il doit se protéger non seulement des dangers extérieurs, mais aussi du dedans, et contre les plus naturelles des impulsions ; bien qu'il gagne parfois des fortunes, son rôle peut lui interdire l'achat d'un rasoir.
L'espionnage n'est pas une partie de plaisir...
L'homme qui tient un rôle, non pas aux yeux des autres, mais vis-à-vis de lui-même, encourt des dangers psychologiques évidents.
La mère des démocraties se révèle une fois de plus être une hypocrite et une menteuse, qui prêche la liberté et les droits de l’homme pour tous, sauf là où elle espère se faire du fric.
Certaines compagnies pharmaceutiques sont des marchands d'armes en blouse blanche.
Mieux vaut combattre le système de l'intérieur que le critiquer de l'extérieur.
Il existe une tendance chez les étudiants, mais aussi chez de nombreux cliniciens, à accorder un respect excessif à la littérature médicale, à présumer que les revues réputées comme le Lancer ou le New England Journal of Medecine présentent des découvertes indiscutables. Cette foi naïve dans les « évangiles cliniques » est peut-être motivée par le style dogmatique qu’adoptent de nombreux auteurs au point de minorer les incertitudes inhérentes à tout projet de recherche …
L'écrivain observe, entend, écoute, enregistre. Puis il raconte une histoire, mêlant son imagination à son expérience. Et elle porte nécessairement les cicatrices de son âme.
Nous passons tous un grand moment de notre vie sous l'eau, comme un iceberg. La plupart de nos pensées et de nos désirs ne sont pas exprimés. Nous vivons tous en permanence dans les conditions du secret.
Écrire, c'est à peu près comme se trouver dans une maison vide et guetter l'apparition de fantômes.
Savez-vous ce qu'est l'amour ? Je vais vous le dire: c'est tout ce que vous pouvez encore trahir.
Plus un homme a d'identités, plus elles expriment ce qu'il veut cacher.
Œuvres de John Le Carré
Comme un collégienComme un collégien (1977)Entretien Télérama, 26 Septembre 2001Interview accordée à la Revue de Paris, 1996L'espion qui venait du froid (1973)La Constance du jardinier (2001)La Taupe (1974)Le Miroir aux Espions (1965)Le voyageur secret (1990)Les Grands Entretiens de « Lire », Entretien avec Pierre Assouline, Mai 1986Sur le site internet de John Le Carré, https://johnlecarre.com/Un petite ville en Allemagne (1969)Un pur espion (1986)Un traître à notre goût (2011)