Auteur

Jean-Pierre Claris de Florian

On perd ce que l'on tient quand on veut gagner tout.
Rien n'est vrai comme ce qu'on sent.
A quoi bon tant d'amis? - Un seul suffit quand il nous aime.
Le bonheur n'est pas dans les cieux, - Il est près d'une bonne amie.
Rien ne change le caractère.
Depuis l'aube, dit-il, je cours, dans cette plaine, - Après un vieux chevreuil que j'ai manqué deux fois, - Et qui m'a mis tout hors d'haleine.
Une chose que notre esprit, - Après un long travail, n'entend ni ne saisit, - Ne nous est jamais nécessaire.
Mon ami, chez les grands quiconque voudra plaire doit d'abord cacher son esprit.
Ainsi le suffrage d'un sot - Fait plus de mal que sa critique.
Les sots sont un peuple nombreux, - Trouvant toutes choses faciles: - Il faut le leur passer, souvent ils sont heureux; - Grand motif de se croire habiles.
Mon enfant, dans ce monde, - Lorsqu'on n'est pas aigle ou requin, - Il faut doucement suivre un petit chemin, - En nageant près de l'air et volant près de l'onde.
Oh qu'il est doux pour un coeur bien né d'être obligé d'aimer ce qu'il aime, de pouvoir satisfaire à la fois et sa tendresse et sa vertu!
Voulez-vous être heureux amant? - Soyez guidé par le mystère; - Celui qui sait le mieux se taire - En amour est le plus savant. - Pour être aimé soyez discret; - La clef des coeurs, c'est le secret.
Visite la chaumière du pauvre; juge par tes yeux de ses besoins; caresse l'enfant demi-nu qui pleure auprès de sa mère malade; console son père affligé.
Pour un oiseau reconnaissant un bienfaiteur est plus qu'un père.
On court bien loin pour chercher le bonheur; - A sa poursuite en vain l'on se tourmente: - C'est près de nous, dans notre propre coeur - Que le plaça la nature prudente.
Vivre en repos, c'est vivre infortuné; - Gloire et périls sont le bonheur suprême. - Sous ce harnois que je dois être beau! - Je voudrais bien, dans le cristal de l'eau, - Me voir passer, voir ma mine guerrière.
Une seule de tes caresses me fait oublier dix ans de chagrin.
Chacun de nous souvent connaît bien ses défauts: - En convenir, c'est autre chose; - On aime mieux souffrir de véritables maux - Que d'avouer qu'ils en sont cause.
Elle est trop vile; - Sans vice et sans travail je voudrais m'enrichir. - Eh bien! sois un simple imbécile, - J'en ai vu beaucoup réussir.
Je travaille, et tu réfléchis; lequel rapporte davantage? - Tu te tourmentes, je jouis; qui de nous deux est le plus sage?
Que m'importe, dit-il, de percer ce mystère? - Une chose que notre esprit, - Après un long travail, n'entend ni ne saisit, - Ne nous est jamais nécessaire.
Douce erreur qui toujours fait voir l'objet qu'on aime ressemblant à nous trait pour trait!
On court bien loin pour chercher le bonheur; - A sa poursuite en vain l'on se tourmente: - C'est près de nous, dans notre propre coeur - Que le plaça la nature prudente.
Pour vivre heureux, vivons loin des coquettes.

Œuvres de Jean-Pierre Claris de Florian

Estelle et Némorin (1788), IIIFables (1792)Fables (1792), I, 20, l'Aveugle et le ParalytiqueFables (1792), I, 4, les Deux VoyageursFables (1792), II, 4, la Brebis et le ChienFables (1792), II, 6, les Deux ChatsFables (1792), III, 6, le Lièvre, ses amis et les deux chevreuilsFables (1792), IV, 1, le Savant et le FermierFables (1792), IV, 2, L'Ecureuil, le Chien et le RenardFables (1792), Le GrillonFables (1792), Le Hibou, le Chat, l'Oison et le RatFables (1792), Les deux paysans et le nuageFables (1792), V, 11, le Chat et les RatsFables (1792), V, 13, La Tourterelle et la FauvetteFables (1792), V, 8, le Léopard et l'EcureuilFables (1792), l'Aigle et la ColombeFables (1792), l'Ane et la FlûteFables (1792), l'Aveugle et le ParalytiqueFables (1792), la Carpe et les CarpillonsFables (1792), la Colombe et son Nourrisson