Auteur

Jean Dion

A notre époque de communications à la vitesse de l'éclair, de télémachins et autres trucs finissant en “el”, une lettre, c'est devenu rare.
Il est plus aisé, et éminemment plus scientifique, de traquer le passé que d'esquisser l'avenir.
L'empathie est une vertu publique obligée alors que l'indifférence est un vice privé.
La naïveté est un excès de crédulité à l'égard des choses qui sont, mais aussi une inconnaissance des choses qui seront.
Le sport est bien affaire de frissons.
Les comparaisons historiques sont toujours trompeuses.
Les morts sont toujours grands. Ce n'est pas sans conséquence: on pourrait en déduire que, pour être petit, il faut être vivant.
On n'explique jamais autrement que par des dispositions personnelles les qualités humaines, la générosité, la charité, l'art de faire de bonnes patates frites. Pourquoi, en revanche, faut-il que les défauts soient toujours imputés à des agents exogènes?
On oublie, dans le classement des grands événements ayant marqué le millénaire, d'inclure la vogue des classements.
On peut agir sur la télé, sur le gouvernement; on reste impuissant devant l'âme.
Pourquoi après une mort, y a-t-il un espace systématique de mensonge sur la vertu et la valeur du disparu? Pourquoi ce qui valait avant ne vaudrait-il pas après?
Pourquoi n'entend-on jamais parler de l'imbécile malheureux?
N'abusons de rien, sauf de la modération.
Il ne suffit pas d'être heureux, encore faut-il savoir qu'on l'est.
Tout comme nos amies les entreprises ne consacreraient pas des milliards à la publicité si elle ne rapportait pas encore plus, la classe politique fait rarement dans la gratuité.
L'authentique scandale, c'est que des gens croient encore que la publicité c'est vrai.
(A propos du sport professionnel) Tant et aussi longtemps que l'opium moderne du peuple fera planer, on se bousculera pour en acheter. Et les vendeurs riront jusqu'à la banque.
Dans le sport professionnel actuel, il est deux certitudes: sans fric, on ne va nulle part, mais avec du fric, on ne va pas nécessairement quelque part.
Le journalisme est une discipline hautement inexacte dont les postulats n'existent pas, ou existent en quantité si grande que cela ne veut rien dire.

Œuvres de Jean Dion

Dans Le Devoir (journal québécois).Dans Liberté (magazine québécois), octobre 1998.Le Devoir, 19 janvier 1998.