Auteur

Jean-Baptiste Chassignet

Ce qui semble périr se change seulement.
Le temps passé n'est plus, l'autre encore n'est pas, - Et le présent languit entre vie et trépas.
Notre vie est semblable à la mer vagabonde, - Où le flot suit le flot, et l'onde pousse l'onde, - Surgissant à la fin au havre de la mort.
La naissance et la mort en cela seul diffère - Que l'enfant sort sans peur du ventre de sa mère, - Et nous tremblons d'effroi quand mourir il nous faut.
Le temps passé n'est plus, l'autre encore n'est pas, - Et le présent languit entre vie et trépas; - Bref, la mort et la vie en tout temps est semblable.
L'enfance n'est sinon qu'une stérile fleur, - La jeunesse qu'ardeur d'une fumière vaine, - Virilité qu'ennui, que labeur, et que peine, - Vieillesse que chagrin, repentance, et douleur.
Passer d'un âge à l'autre est s'en aller au change. - D'un bien plus petit mal en un mal plus étrange. - Qui nous pousse en un lieu d'où personne ne sort.

Œuvres de Jean-Baptiste Chassignet

Le Mespris de la vie et Consolation de la mort (1594)Le Mespris de la vie et consolation contre la mortLe Mespris de la vie et consolation contre la mort (1594)