Auteur

Jean Amadou

Au contraire de l'amour, qui peut naître instantanément, la complicité met longtemps à mûrir.
Il y a, par les temps qui courent, tant de personnages honorables mis en examen qu'il serait inconvenant de souhaiter «bonne Santé» à quelqu'un qui risque de s'y retrouver prochainement.
Socrate disait: «Je sais que je ne sais rien», donc chacun de nous en sait plus que Socrate, puisque nous savons au moins que Socrate ne savait rien.
La devise des mousquetaires était: «Un pour tous, tous pour un...». Celle des politiques, est: «Un pour tous et tous pour moi...», ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Comme les vendanges, les amours tardives sont les plus délicieuses.
S'il y a deux substantifs que je redoute quand on parle de télévision, c'est «culture» et «éducation».
Il y a, dans le courrier que je reçois chaque semaine, des lettres critiques, et fort heureusement, car plaire à tout le monde ce n'est plaire à personne. Il faut bien que certains vous détestent pour jouir pleinement de ceux qui vous aiment.
Il y a bien encore quelques irréductibles qui pensent que le Rhin est une frontière, alors que ça n'est qu'un fleuve, mais tout cela a fait son temps.
Pourquoi un employé de la SNCF voyage-t-il gratuitement alors qu'un employé des PTT paie ses timbres?
Electeurs: heureux mortels qui sont à l'image de certaines femmes malchanceuses. On leur fait la cour pendant six mois et quand elles ont dit oui, on les cocufie pendant six ans.
Nous sommes une nation où les intérêts supérieurs de l'Etat s'arrêtent aux frontières des intérêts inférieurs des particuliers.
Nous cherchons toujours à savoir ce qui se passe dans la tête de ceux qui nous dirigent, même si nous avons toutes les raisons de penser qu'il ne s'y passe rien.
Musset aujourd'hui n'écrirait plus «A quoi rêvent les jeunes filles?», il consulterait les sondages.
L'humour, contrairement à ce que l'on pourrait croire, est une manifestation de l'intelligence et doit, à ce titre, être pris au sérieux.
Si faire était aussi aisé que de savoir ce qu'il faut faire, les chapelles seraient des églises et les chaumières des pauvres gens des palais de prince.
La langue française connaît le masculin et le féminin et ignore le neutre que pratique entre autres la langue allemande.
On ne conduit pas sans moteur, mais on ne peut pas non plus envisager de prendre la route sans freins.
La jalousie est un ressort aussi puissant que l'ambition, dont elle est souvent le corollaire.
L'homme politique qui prétend ne jamais avoir menti ne fait qu'un mensonge de plus.
La France, comme la femme, vous offre tout quand vous n'en attendez plus rien et vous glisse entre les doigts lorsque vous en espérez quelque chose.
Le droit de râler n'est pas inscrit dans la déclaration des droits de l'Homme, c'est pourtant celui auquel nous sommes le plus attachés.
J'ai acquis avec le temps la certitude que l'âge n'est pas une référence : les vieux cons ne sont jamais que de jeunes imbéciles qui ne se sont pas améliorés avec le temps.
Le sport est épuisant, même, et je dirais surtout, pour celui qui s'en repaît à la télévision sans le pratiquer.
En France, une grève qui n'embête personne équivaut à une grève de la faim.
L'argent est rare, mais moins que les idées pour le prendre.

Œuvres de Jean Amadou

Il était une mauvaise foi (1978)Je m'en souviendrai, de ce siècle (2000)Journal d'un bouffon (2002)Les Pensées (2003)Les Yeux au fond de la France