Auteur

Jacques Sternberg

Je m'emmerde avec les habitants de cette planète parce qu'ils ne peuvent être que terre à terre, aplatis et plats, réalistes et mal réalisés, limités à eux-mêmes et ivres de se confesser à la gueule du premier venu.
... une bibliothèque, c'est un des plus beau paysage du monde.
C'est en parlant le moins possible de ce que l'on mijote qu'on a le plus de chances de rester un bricoleur de l'inusité.
... ces moteurs qui ont fait de l'homme un crétin à roulettes et de la planète un garage criblé d'autoroutes.
Les passions se nourrissent voracement de contretemps.
Rien ne tue plus sûrement la pensée, la créativité, le rêve, la lucidité ou le délire que le travail intensif, l'efficience, l'amour frénétique du gain, la course au profit et aux boulots profitables.
Même quand on a le temps de perdre du temps, il faut encore trouver les jeunes femmes avec lesquelles le perdre.
Le temps n'est pas seulement le seul véritable ennemi de l'homme, c'est également et surtout son ennemi le plus sournois, le plus lâche. Et, bien sûr, le seul que l'on n'ait pas la moindre chance de vaincre.
Il y a deux sortes de ruminants: les bovidés, qui ruminent de l'herbe, et les humains, qui ruminent du verbe.
Pourquoi chercher désespérément la clef du bonheur alors que, de toute façon, la serrure n'a jamais existé.
Né le jour des morts - Il passa toute sa vie - A se regretter.
Il était tellement bien élevé - Qu'avant d'entrer dans la mort - Il laissa passer sa femme avant lui.
Inscription qu'il - Souhaite «voir»... - Gravée sur sa tombe: - «Au secours!»
La vie est assez facile à définir dans son ensemble: une interminable addition de soustractions.
J'aimerais bien connaître le nom et l'adresse d'un être humain qui soit mort de sa belle mort.
Mon plus grand remords sera de ne pas avoir droit à une re-mort.
Inquiétant, mais vrai: sur les 80 milliards d'individus qui ont déjà fréquenté notre terre aux cours des siècles, aucun n'a survécu.
Je n'envie rien de très particulier sur cette terre. Sauf ceux qui seront encore en vie après moi.
La mort, qui a toujours tort, a raison de chacun.
Les hommes vraiment pieux, on devrait en faire des clôtures.
La serviette n'est jamais qu'un torchon qui a réussi.
On peut avoir été un mauvais fils, un frère ingrat, un père injuste, un mari infidèle, un amant cynique, un employé incapable, un détestable citoyen, et devenir malgré tout un mort exemplaire.
Etudier la philosophie a plus de chances de changer l'homme en phylloxera qu'en philosophe.
La vie est le seul raccourci d'un néant à un autre.
Qui trop embrase mal éteint.

Œuvres de Jacques Sternberg

Bien sincèrement à vousDictionnaire des idées revues (1985)Fin de siècleFin de siècle (2001)La banlieueLa sortie est au fond de l'espaceLa sortie est au fond de l'espace (1956)Le coeur froidLes PenséesLettre ouverte aux Terriens (1974)Si loin de nulle part (1998)Sophie, la mer et la nuitSophie, la mer et la nuit (1976)Toi ma nuitToi ma nuit (1965)Vivre en survivantVivre en survivant (1977)