Auteur

Jacques Prévert

Dis donc camarade Soleil - tu ne trouves pas que c'est plutôt con - de donner une journée pareille - à un patron ?
Une maison n'est jamais déserte quand celui qui est parti l'habitait vraiment.
La poésie, c'est ce qu'on rêve, ce qu'on imagine, ce qu'on désire et ce qui arrive, souvent. La poésie est partout comme Dieu n'est nulle part. La poésie, c'est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie.
La poésie, c'est ce qu'on rêve, ce qu'on imagine, ce qu'on désire et ce qui arrive, souvent.
La poésie est partout comme Dieu n'est nulle part.
La poésie est partout comme Dieu n'est nulle part. La poésie, c'est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie.
Paris est tout petit pour ceux qui, comme nous, s'aiment d'un aussi grand amour.
Ce n'est pas tellement triste, un enterrement. Il suffit qu'il y ait un peu de soleil dessus et tout le monde est content.
De deux choses lune - \r\nl'autre c'est le soleil - \r\nles pauvres les travailleurs ne voient pas ces choses - \r\nleur soleil c'est la soif la poussière la sueur le goudron - \r\net s'ils travaillent en plein soleil le travail leur cache le soleil - \r\nleur soleil c'est l'insolation - \r\net le clair de lune pour les travailleurs de nuit - \r\nc'est la bronchite la pharmacie les emmerdements les ennuis.
mais un jour le vrai soleil viendra - un vrai soleil dur qui réveillera le paysage trop mou - et les travailleurs sortiront - ils verront alors le soleil - le vrai le dur le rouge soleil de la révolution - et ils se compteront - et ils se comprendront - et ils verront leur nombre - et ils regarderont l'ombre\r\net ils riront - et ils s'avanceront\r\n - une dernière fois le capital voudra les empêcher de rire - ils le tueront - et ils l'enterreront dans la terre sous le paysage de misère et le paysage de misère de profits de poussières et de charbon ils le brûleront ils le raseront et ils en fabriqueront un autre en chantant - \r\nun paysage tout nouveau tout beau - \r\nun vrai paysage tout vivant - ils feront beaucoup de choses avec le soleil - et même ils changeront l'hiver en printemps.\r\n
Nous allions à Pornichet dans la Loire Inférieure. La mer, je courais après elle, elle courait après moi, tous les deux, on faisait ce qu'elle voulait. C'était comme les contes de fée: elle changeait les gens. A peine arrivés, ils n'avaient plus la même couleur, ni la même façon de parler. Ils étaient remis à neuf, on aurait dit des autres. Elle changeait aussi les choses et elle les expliquait. Avec elle, je savais l'horizon, le flux et le reflux, le crépuscule, l'aube, le vent qui se lève, le temps qui va trop vite et qui n'en finit plus. Et puis, la nuit qui tombe, le jour qui meurt et un tas de choses qui me plaisaient et que loin d'elle, très vite, j'oubliais. C'était tout petit Pornichet, un peu sauvage, mais il y avait le facteur, des pêcheurs, des marchands de coeur à la crème, et même une fois, un cirque est arrivé avec quelques pauvres animaux savants et un clown
Nous allions à Pornichet dans la Loire Inférieure. La mer, je courais après elle, elle courait après moi, tous les deux, on faisait ce qu'elle voulait. C'était comme les contes de fée: elle changeait les gens.
C'était tout petit Pornichet, un peu sauvage, mais il y avait le facteur, des pêcheurs, des marchands de coeur à la crème, et même une fois, un cirque est arrivé avec quelques pauvres animaux savants et un clown
Nous allions à Pornichet dans la Loire Inférieure. La mer, [...] changeait les gens. A peine arrivés, ils n'avaient plus la même couleur, ni la même façon de parler. Ils étaient remis à neuf, on aurait dit des autres.
Nous allions à Pornichet dans la Loire Inférieure. La mer, [...] changeait les gens. Elle changeait aussi les choses et elle les expliquait. Avec elle, je savais l'horizon, le flux et le reflux, le crépuscule, l'aube, le vent qui se lève, le temps qui va trop vite et qui n'en finit plus. Et puis, la nuit qui tombe, le jour qui meurt et un tas de choses qui me plaisaient et que loin d'elle, très vite, j'oubliais.
Le bonheur, en partant, m'a dit qu'il reviendrait... - Que quand la colère hisserait le drapeau blanc, il comprendrait... - Le temps du pardon et du calme revenu, il saurait - Retrouver le chemin de la sérénité, de l'arc-en-ciel et de l'après... - Le bonheur, en partant, m'a promis de ne jamais m'abandonner - De ne pas oublier les doux moments partagés, - Et d'y écrire une suite en plusieurs volumes reliés, - Tous dédiés à la gloire du moment présent à respirer...
Le bonheur, en partant, m'a fait de grands signes de la main, - Comme des caresses pleines de promesses sur mes lendemains, - Il m'a adressé ses meilleurs vœux sur mon destin qui s'en vient, - Et je crois en lui bien plus qu'en tous les devins... - Le bonheur est un ange aux ailes fragiles, un colosse aux pieds d'argile, - Il a besoin d'air, de lumière, de liberté et d'une terre d'asile, - Je veux être son antre dès ses premiers babils, - Pour peu qu'il me le permette, le bonheur n'est jamais un projet futile... -
Le bonheur, en partant, m'a fait un clin d'oeil, - Je sais qu'il reviendra, je ne porte pas son deuil, - Il ne fuit pas, il s'en va conquérant réparer d'autres écueils, - Pour me revenir encore plus grand, se reposer dans mes fauteuils... - Le bonheur, en partant, ne me quitte pas vraiment... - Je sais que même de loin, il éveille mes sentiments, - Il entend mes hésitations et m'oriente résolument et surement, - Le bonheur est une étoile qui me guide par tous les temps...
Le bonheur, en partant, avait le coeur aussi serré que le mien, - Son sourire en bandoulière, il est parti vers d'autres chemins, - Rencontrer ses pairs au détour des larmes et des chagrins, - Que versent pour un rien, tous ces pauvres humains... - Le bonheur, est parti, missionnaire, rallier d'autres fidèles, - Il veut plaider sa cause et convertir tous les rebelles, - Leur montrer à eux aussi, combien la vie est belle, - Si on lui laisse assez de place pour l'orner de ses dentelles...

Œuvres de Jacques Prévert

ApocrypheArbres (1976)BarbaraChanson des Escargots qui vont à l'enterrementCharmes de Londres (1952)Choses et autresChoses et autres (1972)Couleurs de Braque, Calder, Miró (1981)Drôle de drame (1937)Drôle de drame (1937) film de Marcel CarnéFatras (1966)Grand Bal du printemps (1951)Grand Bal du printemps (1951), Charmes de LondresHebdromadaires - Jacques Prévert & André PoznerHistoires (1946)Histoires (1946), Mea culpaJ'ai toujours été intact de dieuJean Gabin dans le film Quai des brumes (1938) film de Marcel Carné (Roman de Pierre Mac Orlan)La Pluie et le beau temps (1955)La Pluie et le beau temps (1955), Droit de regard