Auteur

Jacques Prévert

Quand les éboueurs font grève, les orduriers sont indignés.
L'enfant qui verse, histoire de rire, son encrier dans un bénitier est plus drôle et plus vrai que Luther qui disait avoir jeté le sien à la tête du diable.
La rage de dents du loup fait rire le mouton.
L'amour est clair comme le jour, - L'amour est simple comme le bonjour, - L'amour est nu comme la main, - C'est ton amour et le mien.
Pourquoi parler du grand amour ? - Pourquoi chanter la grande vie ? - Notre amour est heureux de vivre - Et ça lui suffit.
Si notre amour voulait partir - Nous ferions tout pour le ret'nir - Que serait notre vie sans lui : - Un' valse lent' sans musique - Un enfant qui jamais ne rit - Un roman que personn' ne lit - La mécanique de l'ennui - Sans amour, sans vie !
La vraie jeunesse ne s'use pas. - On a beau l'appeler souvenir, - On a beau dire qu'elle disparaît, - On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va.
Tout ce qui est vrai reste là - Quand la vérité est laide c'est une bien fâcheuse histoire - Quand la vérité est belle rien ne ternit son miroir.
Les gens très âgés remontent en enfance - Et leur coeur bat - Là où il n'y a plus d'autrefois.
Oh ma jeunesse laisse à ma joie de vivre la force de te tuer.
La question, c'est la torture. Pourquoi la remettre en question ? On ne torture pas la torture, on ne questionne pas la question.
Nu, le corps d'une fille est plus secret que vêtu de vison, de Chanel ou de coton.
Mais sur le miroir du comptoir, un petit écriteau ravive la mémoire de ce client trop empressé : Surtout n'oubliez pas de payer. Même si vous buvez pour oublier.
Quand le rêveur revient à la vie, la vie parfois lui sourit - Plus souvent lui règle son compte et le congédie.
C'est tellement simple, l'amour.
Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment.
Vous êtes riche et vous voudriez être aimé comme un pauvre. Et les pauvres, on ne peut quand même pas tout leur prendre aux pauvres !
Les rêves, la vie, c'est pareil ! ou alors ça vaut pas la peine de vivre. Et puis qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse la vie, c'est pas la vie que j'aime, c'est vous !
Les seuls films contre la guerre, ce sont les films d'amour.
L'humour est nénarrable, solite, décis, pondérable, commensurable, tempestif et trépide.
Vous je ne vous regarde pas ma vie non plus ne vous regarde pas - J'aime ce que j'aime et cela seul me regarde et me voit - J'aime ceux que j'aime je les regarde ils m'en donnent droit.
Quand le lionceau déjeune, la lionne rajeunit - Quand le feu réclame sa part, la terre rougit - Quand la mort lui parle de l'amour, la vie frémit - Quand la vie lui parle de la mort, l'amour sourit
Je sais, un peu partout, tout le monde s'entretue, c'est pas gai, mais d'autres s'entrevivent, j'irai les retrouver.
Et le peintre arraché à ses songes comme une dent se retrouve tout seul devant sa toile inachevée avec au beau milieu de sa vaisselle brisée les terrifiants pépins de la réalité.
L'amiral Larima - Larima quoi - la rime à rien - l'amiral Larima - l'amiral Rien.

Œuvres de Jacques Prévert

ApocrypheArbres (1976)BarbaraChanson des Escargots qui vont à l'enterrementCharmes de Londres (1952)Choses et autresChoses et autres (1972)Couleurs de Braque, Calder, Miró (1981)Drôle de drame (1937)Drôle de drame (1937) film de Marcel CarnéFatras (1966)Grand Bal du printemps (1951)Grand Bal du printemps (1951), Charmes de LondresHebdromadaires - Jacques Prévert & André PoznerHistoires (1946)Histoires (1946), Mea culpaJ'ai toujours été intact de dieuJean Gabin dans le film Quai des brumes (1938) film de Marcel Carné (Roman de Pierre Mac Orlan)La Pluie et le beau temps (1955)La Pluie et le beau temps (1955), Droit de regard