Auteur

Jacques Monod

Si vous allez trop loin, vous n'irez nulle part.
L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part.
Les constituants universels que sont les nucléotides d'une part, les acides aminés de l'autre, sont l'équivalent logique d'un alphabet dans lequel serait écrite la structure, donc les fonctions associatives spécifiques des protéines.
La nature n'est ni morale, ni immorale, elle est radieusement et glorieusement, amorale.
Les êtres vivants sont des machines chimiques. La croissance et la multiplication de tous les organismes exigent que soient accomplies des milliers de réactions chimiques grâce à quoi sont élaborés les constituants essentiels des cellules.
L'animisme établissait entre la Nature et l'Homme une profonde alliance hors laquelle ne semble s'étendre qu'une effrayante solitude.
Les conceptions animimistes ont encore des racines profondes et vivaces dans l'âme de l'homme moderne.
Il n'existe aucune relation stérique directe entre le triplet codant et l'acide animé codé.
Il est bien remarquable de trouver, à la base d'un des phénomènes d'adaptation moléculaire les plus exquisement précis qu'on connaisse, une source au hasard.
En ce sens l'évolution sélective, fondée sur le choix de rares et précieux incidents que contient aussi, parmi une infinité d'autres, l'immense réservoir du hasard microscopique, constitue une sorte de machine à remonter le temps.

Œuvres de Jacques Monod

Le Hasard et la Nécessité (1970)M. Monod aux étudiants de Censier, mai 1968