Auteur

Honoré de Balzac

Les catastrophes poussent tous les hommes forts et intelligents à la philosophie.
Les natures vierges ont plus que toutes les autres un inexplicable don de seconde vue dont la cause gît peut-étre dans la pureté de leur appareil nerveux, en quelque sorte neuf.
Les révolutions les plus rapides ne troublent que les intéréts de l'homme, tandis qu'une passion en renverse les sentiments. Or, pour ceux qui ont plus d'âme et de sang que d'esprit et de lymphe, un amour réel produit un changement complet d'existence.
Toutes les infortunes sont soeurs, elles ont le méme langage, la même générosité , la générosité de ceux qui, ne possédant rien, sont prodigues de sentiments, payent de leur temps et de leur personne.
Le doute a deux côtés : le côté de la lumière et le côté des ténèbres.
Le monde est plein de respect pour l'habileté, sous quelque forme qu'elle se montre. Pour lui le résultat fait en tout la loi.
Plus un bénéfice est illégal, plus l'homme y tient. Le coeur humain est ainsi fait.
L'instinct, chez les femmes, équivaut à la perspicacité des grands hommes.
La parole la plus douce à prononcer, le sentiment le plus doux à exprimer, expirent quand nous les croyons commandés.
Personne ne superpose à son coeur - ni à son épiderme la douleur d'autrui. La mesure des douleurs est en nous.
La crainte inspirée par l'amour est un instrument infaillible pour manier l'esprit d'une femme. Qui aime craint, et qui craint est plus près de l'affection que de la haine.
L'amour est un faux-monnayeur qui change continuellement les gros sous en louis d'or, et qui souvent aussi fait de ses louis des gros sous.
Le deuil est dans le coeur et non dans les habits.
Les jeunes gens sont tous disposés à se fier aux promesses d'un joli visage, à conclure de la beauté de l'âme par celle des traits. Un sentiment indéfinissable les porte à croire que la perfection morale concorde toujours à la perfection physique.
Les parvenus sont comme les singes, desquels ils ont l'adresse ; on les voit en hauteur, on admire leur agilité pendant l'escalade ; mais, arrivés à la cime, on n'aperçoit plus que leurs côtés honteux.
Si pour beaucoup d'hommes la misère est un tonique , il en est d'autres pour qui elle est un dissolvant.
Les hommes ont entre eux une fatuité qui leur est d'ailleurs commune avec les femmes, celle d'être aimés absolument.
Les âmes délicates, dont la force s'exerce dans une sphère élevée, manquent de cet esprit d'intrigues, fertile en ressources, en combinaisons ; leur génie, à elles, c'est le hasard ; elles ne cherchent pas, elles rencontrent.
Oui , croyez-moi , monsieur, ceux qui ont sondé le plus avant les vices et les vertus de la nature humaine sont des gens qui l'ont étudiée en eux-mêmes avec bonne foi. Notre conscience est le point de départ : nous allons de nous aux hommes , jamais des hommes à nous.
Il suffit à l'amour d'un mot, d'un regard, d'une inflexion de voix, d'une attention légère en apparence ; son plus beau privilège est de se prouver par lui-même.
Les femmes seules savent combien le respect que leur porte un maître engendre de séductions.
Personne à Paris ne se figure que rien est rien.
Entre personnes sans cesse en présence, la haine et l'amour vont toujours croissant : on trouve à tout moment des raisons pour s'aimer ou se haïr mieux.
Après le plaisir d'admirer soi-méme une femme aimée, vient celui de la voir admirée par tous.
La femme mariée est une esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône.

Œuvres de Honoré de Balzac

Albert Savarus (1842)Appendices, V, 32Autre étude de femmeAutre étude de femme (1839-1842)Avant son agonie.BéatrixBéatrix (1839)Cité par Shoshana Felman dans La Folie et la Chose littéraire.Confidences rapportées par George Sand dans Histoire de ma vie.CorrespondanceCorrespondance, 1819Correspondance, 1846Correspondance, à Hippolyte Castille, 11 octobre 1846César Birotteau (1838)Etude de femme (1831)Eugénie Grandet (1833)Facino Cane (1837)Ferragus, chef des DévorantsGambara (1837)Gobseck (1830)