Auteur

Gustave Flaubert

Prenez garde à la tristesse. C'est un vice.
Quand le peuple ne croira plus à l'Immaculée Conception, il croira aux tables tournantes.
Que nous sommes sots de toujours nous plaindre. Et d'ailleurs c'est si commun que ceux qui se piquent de quelque distinction devraient s'en abstenir.
Quel homme aurait été Balzac s'il eût su écrire!
Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue.
Service: C'est rendre service aux enfants que de les calotter; aux animaux, que de les battre; aux domestiques, que de les chasser; aux malfaiteurs, que de les punir.
Tous les drapeaux ont été tellement souillés de sang et de m... qu'il est temps de n'en plus avoir du tout.
Tout amuse quand on y met de la persévérance: l'homme qui apprendrait par coeur un dictionnaire finirait par y trouver du plaisir.
Une sottise ou une infamie, en se renforçant d'une autre, peut devenir respectable. Collez la peau d'un âne sur un pot de chambre, et vous en faites un tambour.
Vieillard: A propos d'une inondation, d'un orage, etc., les vieillards du pays ne se rappellent jamais en avoir vu un semblable.
Lisez pour vivre.
Le plus haut dans l'art, ce n'est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de nous mettre en rut ou en fureur, mais d'agir à la façon de la nature, c'est-à-dire de faire rêver.
Il est si doux, parmi les désenchantements de la vie, de pouvoir se reporter en idée sur de nobles caractères, des affections pures et des tableaux de bonheur.
... avec l'imagination que donnent les vraies tendresses ...
Les prairies étaient vides, le vent agitait la rivière; au fond, de grandes herbes s'y penchaient, comme des chevelures de cadavres flottant dans l'eau.
Les mouvements de son coeur se ralentirent un à un, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s'épuise, comme un écho disparaît.
Rien de plus sot que la prétention du corps à la vie éternelle.
Oh! la pensée! autre océan sans limites; c'est le déluge d'Ovide, une mer sans bornes, où la tempête est la vie et l'existence.
Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu'on appelle Dieu!
Oh! oui, l'homme est un voyageur qui a soif; il demande de l'eau pour boire, on la lui refuse, et il meurt.
Eh bien! oui, c'est cela, que l'habit aille à la taille de chacun: la misère aux peuples, le malheur aux rois.
Et qu'est-ce que c'est qu'une révolution? un souffle d'air qui ride l'océan, s'en va et laisse la mer agitée.
Et qu'est-ce que c'est qu'un siècle? une minute dans la nuit.
Qu'est-ce qu'un mot? rien; c'est comme la réalité, une durée.
L'avenir est ce qu'il y a de pire dans le présent.

Œuvres de Gustave Flaubert

AgoniesBouvard et Pécuchet (1881)Bouvard et Pécuchet (1881), XCarnetsCorrespondanceCorrespondance (1830-1851)Correspondance (1887-1893)Correspondance (à propos de Madame Bovary).Correspondance 1859-1860Correspondance I, A Alfred Le Poittevin, 2 avril 1845Correspondance I, A Emmanuel Vasse de Saint-Ouen, 4 juin 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 août 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 février 1847Correspondance I, A Louise Colet, 17 septembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, 20 décembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, octobre 1847Correspondance I, à Louise Colet, 12 août 1846Correspondance I, à Louise Colet, 30 janvier 1847Correspondance à George Sand (1871)Correspondance à George Sand, 1866.