Auteur

Gustave Flaubert

Le succès me parait être un résultat, et non le but.
On voudrait crever, puisqu'on ne peut faire crever les autres, et tout suicide est peut-être un assassinat rentré.
Montons au plus haut de notre tour d'ivoire, sur la dernière marche, le plus près du ciel. Il y fait froid quelquefois, n'est-ce pas? Mais qu'importe! On voit les étoiles briller claire, et l'on n'entend plus les dindons.
Le travail se subdivisant, il se fait donc, à côté des machines, quantité d'hommes-machines.
Ce qui m'a gardé de la débauche, ce n'est pas la vertu, mais l'ironie. La bêtise du vice me fait encore plus rire de pitié que la turpitude ne me dégoûte.
La vérité n'est pas faite pour consoler comme une tartine de confitures qu'on donne aux enfants qui pleurent. Il faut la rechercher, voilà tout, et écarter de soi ce qui n'est pas elle.
Chaque jour je m'aperçois du peu que j'ai et la profondeur de mon vide n'est égale qu'à la patience que je mets à la contempler.
La vie est une chose tellement hideuse que le seul moyen de la supporter, c'est de l'éviter.
Mieux vaut deux verres de vinaigre et un verre de vin qu'un verre d'eau rougie.
Après ne pas vivre avec ceux qu'on aime, le plus grand supplice est de vivre avec ceux que l'on n'aime pas. C'est-à-dire avec plus des trois quarts du genre humain.
J'ai la vie en haine, le mot est parti, qu'il reste, oui, la vie, et tout ce qui me rappelle qu'il faut la subir.
C'est surtout quand on voyage que l'on sent profondément la mélancolie de la matière, qui n'est que celle de notre âme projetée sur les objets.
La volonté individuelle de qui que ce soit n'a pas plus d'influence sur l'existence ou la destruction de la civilisation qu'elle n'en a sur la pousse des arbres ou la composition de l'atmosphère.
Décidément j'enlaidis; j'en suis affligé. Ah! je ne suis plus ce magnifique jouvencel d'il y a dix ans. Dans onze mois, j'aurai 30 ans. 30 ans, c'est l'âge de raison. Je n'en ai guère pourtant.
Les jurandes, au moins, en limitant le nombre des apprentis, empêchaient l'encombrement des travailleurs, et le sentiment de la fraternité se trouvait entretenu par les fêtes, les bannières.
Il faut de chaque malheur tirer une leçon et rebondir après les chutes.
Il se lança dans une digression ethnographique: l'Allemande était vaporeuse, la Française libertine, l'Italienne passionnée.
Libre-échange: Cause des souffrances du commerce.
Que de choses flottent encore dans les limbes de la pensée humaine.
La terre a des limites, mais la bêtise humaine est infinie.
La mort n'a peut-être pas plus de secrets à nous révéler que la vie?
Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l'horizon.
Oh! si tu pouvais lire dans mon coeur, tu verrais la place où je t'ai mise!
C'était la lune qui l'avait rendue si pâle, et quelque chose des Dieux l'enveloppait comme une vapeur subtile.
L'amour tel que le concevaient les anciens n'était-il pas une folie, une malédiction, une maladie envoyée par les dieux?

Œuvres de Gustave Flaubert

AgoniesBouvard et Pécuchet (1881)Bouvard et Pécuchet (1881), XCarnetsCorrespondanceCorrespondance (1830-1851)Correspondance (1887-1893)Correspondance (à propos de Madame Bovary).Correspondance 1859-1860Correspondance I, A Alfred Le Poittevin, 2 avril 1845Correspondance I, A Emmanuel Vasse de Saint-Ouen, 4 juin 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 août 1846Correspondance I, A Louise Colet, 15 février 1847Correspondance I, A Louise Colet, 17 septembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, 20 décembre 1846Correspondance I, A Louise Colet, octobre 1847Correspondance I, à Louise Colet, 12 août 1846Correspondance I, à Louise Colet, 30 janvier 1847Correspondance à George Sand (1871)Correspondance à George Sand, 1866.