Il faut se contenter de découvrir, mais se garder d'expliquer.
Il faut toujours avoir deux idées: l'une pour tuer l'autre.
Il n'est en art qu'une chose qui vaille: celle qu'on ne peut expliquer.
Il n'y a que celui qui sait ce qu'il veut qui se trompe.
J'aime la règle qui corrige l'émotion. J'aime l'émotion qui corrige la règle.
Je fuis mon semblable. Dans tout semblable, il y a un sosie.
L'art est fait pour troubler. La science rassure.
La culture engendre la monstruosité.
La vérité existe. On n'invente que le mensonge.
La vérité n'a pas de contraire.
Le tableau est fini quand il a effacé l'idée.
Le vrai matérialiste, plus il descend dans la matière, plus il exalte la spiritualité.
Les preuves fatiguent la vérité.
Où l'on fait appel au talent, c'est que l'imagination fait défaut.
Penser et raisonner font deux.
Ecrire n'est pas décrire. Peindre n'est pas dépeindre. La vraisemblance n'est que trompe-l'oeil.
Le progrés en art ne consiste pas à étendre ses limites, mais à les mieux connaître.
En art, il n'y a pas d'effet sans entorse à la vérité.
La peinture est de plus en plus proche de la poésie, maintenant que la photographie l'a libérée du besoin de raconter une histoire.
Faute de pouvoir adapter un vocabulaire périmé, le Critique condamne.
L'Art survole, la Science donne des béquilles.
Si le peintre ne méprise pas la peinture, qu'il craigne de faire une toile qui vaille mieux que lui.
L'action est une suite d'actes désespérés qui permet de gagner l'espoir.
Ce n'est pas le but qui intéresse, ce sont les moyens pour y parvenir.
Le vase donne une forme au vide, et la musique au silence.
Œuvres de Georges Braque