La solitude est essentielle à la fraternité.
La fidélité ne s'affirme vraiment que là où elle défie l'absence.
Il n'y a d'opinion que de ce qu'on ne connaît pas.
L'essence de l'homme ne serait-elle pas d'être qui peut témoigner?
Ce dont l'existence pourrait être démontrée ne serait pas et ne pourrait pas être Dieu.
Descartes l'avait déjà vu avec une admirable clarté: la liberté d'indifférence est le plus bas degré de la liberté.
Exister, c'est coexister.
... on ne peut rien les uns pour les autres. On est seul.
Vivre, c'est donner.
On ne parvient à la vie véritable qu'en s'élevant au-dessus de soi-même.
Ce n'est pas une supériorité de rester toujours maître de soi.
La mort ce n'est qu'un vêtement qui tombe.
La réalité ne peut pas être inférieure à nos plus hautes pensées.
Plus mon interlocuteur est extérieur, plus je suis du même coup et dans la même mesure extérieur à moi-même.
La mort comme tremplin d'une espérance absolue. Un monde où la mort ferait défaut serait un monde où l'espérance n'existerait qu'à l'état larvé.
Je crois que la raison est une illusion, vitale si vous voulez, qui n'a d'autre but que de nous dissimuler notre impuissance et notre fragilité. Toute la sagesse à laquelle nous pouvons prétendre c'est de comprendre que tout est illusion.
Il n'y a qu'une souffrance, c'est d'être seule.
Tout problème authentique est justiciable d'une technique et toute technique consiste à résoudre des problèmes d'un type déterminé.
S'il n'y avait que les vivants, Gisela, je pense que la terre serait tout à fait inhabitable.
L'illusion mortelle d'un certain idéalisme consiste à ne pas voir qu'être sujet n'est pas un fait ou un point de départ, mais une conquête et un but.
C'est en tant que créateur, si humble que soit le niveau où cette création se consomme, qu'un homme quel qu'il soit peut se reconnaître libre.
Le plus grand mérite de l'esprit critique, c'est d'être avant tout défanatisant, et il est logique que dans le monde où nous vivons l'esprit critique tende à disparaître, que sa valeur ne soit même plus reconnue.
Œuvres de Gabriel Marcel