Le christianisme a donné du poison à boire à Eros : - il n'est pas mort, mais il a dégénéré en vice.
Auteur
Friedrich Wilhelm Nietzsche
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Parler beaucoup de soi peut être un moyen comme un autre pour se cacher.
Dans l'éloge il y a plus d'importunité que dans le blâme.
La pitié fait presque un effet risible chez l'homme qui cherche la connaissance, de même que les mains fines chez le cyclope.
Par amour pour les hommes, on embrasse quelquefois un être quelconque (parce qu'on ne peut les embrasser tous) : mais c'est précisément ce qu'il ne faut pas révéler à cet être quelconque...
Il me déplaît. - Pourquoi ? - Je ne suis pas à sa hauteur. - Un homme a-t-il jamais répondu de la sorte ?
On ne hait pas tant qu'on méprise. On ne hait que son égal ou son supérieur.
O utilitaires, vous aussi, vous n'aimez l'utile que comme véhicule de vos penchants, - vous aussi, vous trouvez le bruit que font les roues de ce véhicule insupportable ?
La vanité d'autrui ne va contre notre goût que quand elle va contre notre vanité.
Au sujet de la véracité, personne n'a peut-être encore été assez véridique.
On ne croit pas aux folies des gens sensés. Quelle perte pour les droits de l'homme !
Les conséquences de nos actions nous saisissent aux cheveux. Il leur est indifférent que, dans l'intervalle, nous soyons devenus meilleurs.
Il y a une innocence dans le mensonge qui est signe de bonne foi.
Il est inhumain de bénir lorsque l'on vous maudit.
Les familiarités d'un homme supérieur irritent, parce qu'on ne peut pas y répondre par d'autres familiarités.
J'ai été bouleversé, non de ce que tu m'aies menti, mais de ce que je ne puisse plus te croire.
Il y a une exubérance dans la bonté qui semble être de la méchanceté.
Il leur semblera que c'est un véritable affront à la philosophie que de décréter, comme on le fait aujourd'hui: la philosophie elle-même est une critique, une science critique - et rien que cela!
Le christianisme a donné du poison à boire à Eros: - il n'est pas mort, mais il est devenu vicieux.
Principe des trop subtils. Plutôt marcher sur la pointe des pieds, qu'à quatre pattes ! Plutôt passer à travers le trou de la serrure, que par les portes ouvertes !
Qui se sait profond, s'efforce à la clarté : qui veut paraître profond aux yeux de la foule, s'efforce à l'obscurité. Car la foule tient pour profond ce dont elle ne peut voir les raisons : elle a si peur de se noyer !
Les différentes langues, posées les unes à côté des autres, montrent qu'en matière de mots ce n'est jamais de la vérité, jamais de l'expression adéquate qu'il retourne : autrement il n'y aurait pas autant de langues.
On n'entend que les questions auxquelles on est en mesure de trouver réponse.
Le poète voit dans le menteur son frère de lait, qu'il a frustré du lait qui lui était destiné : de la sorte le second est resté misérable et n'est même pas parvenu à une bonne conscience.
Il faudrait être placé hors de la vie, et, par ailleurs, la connaitre aussi bien que quiconque, que beaucoup, que tous ceux qui l'ont vécue, pour avoir seulement le droit d'aborder le problème de la valeur de la vie.
Œuvres de Friedrich Wilhelm Nietzsche
Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885)Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la Victoire sur soi-mêmeAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), De la domination de soiAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), Des miséricordieuxAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La chanson ivreAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885), La vieille et la jeune femmeApocrypheAu delà du Bien et du MalAu-delà du Bien et du MalAurore (1881)Aurore (1881), 112Aurore (1881), 252Aurore (1881), 443Aurore (1881), 447Cité par Jean Granier dans Nietzsche (1977).Cité par Louis Corman dans Nietzsche, psychologie des profondeurs.Considérations inactuelles (1874)Considérations inactuelles (1874), IIDans La Folie et la Chose littéraire de Shoshana Felman.Dans Nietzsche et la Commune (1981) de Marc Sautet.