Auteur

Fernand Vanderem

Il y a dans la physionomie des animaux un naturel délicieux dont j'ai vainement cherché l'approchant chez l'homme et que j'appellerais: l'air bête.
L'amour est un besoin si exclusif que, pour se satisfaire, il sacrifie même l'égoïsme. La preuve, c'est que, sitôt ce besoin passé, l'égoïsme reprend son empire.
La confiance est souvent une des forces de la paresse.
La morale est comme les régimes: elle interdit tout ce qui est bon.
Ne fais pas à autrui le mal que tu ne voudrais pas qu'il te fît, ni le bien que tu sais qu'il ne te ferais pas.
Non, le peuple n'est pas meilleur que les riches, mais moins riche, il ne peut pas autant se permettre.
On ne doit pas plus exhiber sa culture que ses biceps. Il faut qu'elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement.
Selon les latitudes, la haine de l'étranger change de nom. En Europe, elle s'appelle patriotisme, en Chine xénophobie.
Tous les gens sont mégalomanes. Ceux qui le montrent, on les traite de malades; ceux qui le cachent, de modestes.
Une réception est faite de gens que cela excède de recevoir des gens que cela excède de venir, et qui n'invitent que par utilité des gens qui ne viennent que par intérêt.
Ce qu'on nomme cafard n'est souvent qu'une éclipse de nos illusions et un éclair de notre lucidité.

Œuvres de Fernand Vanderem

Gens de qualité (1938)