Auteur

Eugène Delacroix

Le génie d'ailleurs sait employer avec un égal succès les moyens les plus divers.
La vraie supériorité, comme je l'ai dit quelque part dans ces petits souvenirs, n'admet aucune excentricité.
F... me conseille d'imprimer, comme elles sont, mes réflexions, pensées, observations, et je trouve que cela me va mieux que des articles ex professo.
J'ai été ce soir voir la princesse Marcelline; par extraordinaire, elle était seule.
Ce fanatisme presque toujours aveugle qui nous pousse tous à l'imitation des grands maîtres et à ne jurer que par leurs ouvrages.
Le soir, dans l'atelier, où j'ai fait un fusain d'après un torse de la Renaissance, pour un essai du fixatif que Riesener emploie.
Chez la plupart des hommes, l'intelligence est un terrain qui demeure en friche presque toute la vie.
Il faut une grande hardiesse pour oser être soi: c'est surtout dans nos temps de décadence que cette qualité est rare.
L'art du peintre vraiment idéaliste est aussi différent de celui du froid copiste que la déclamation de Phèdre est éloignée de la lettre d'une grisette à son amant.
Les grands hommes qui écrivent leurs mémoires ne parlent pas assez de l'influence d'un bon souper sur la situation de leur esprit.
Il faut, dans les arts, se contenter, dans les ouvrages même les meilleurs, de quelques lueurs, qui sont les moments où l'artiste a été inspiré.
En littérature, la première impression est la plus forte.
On voit de mauvais généraux gagner des batailles; la chance y a autant et plus de part que le talent. On ne voit jamais de mauvais artistes faire de beaux ouvrages.
Dans la peinture, il s'établit comme un pont mystérieux entre l'âme des personnages et celle du spectateur.
Qu'est-ce, en définitive, que la peinture dans sa définition la plus littérale? L'imitation de la saillie sur une surface plane.
Les passions corporelles sont toutes viles. Celles de l'âme qui sont viles sont de vrais cancers: envie, etc... La lâcheté est si vile, qu'elle doit participer des deux.
Dans les arts en particulier, il faut un sentiment bien profond pour maintenir l'originalité de sa pensée en dépit des habitudes auxquelles le talent lui-même est fatalement enclin à s'abandonner.
Il y deux choses que l'expérience doit apprendre: la première, c'est qu'il faut beaucoup corriger; la seconde, c'est qu'il ne faut pas trop corriger.
Peut-être les très grands hommes, et je le crois tout à fait, sont-ils ceux qui ont conservé à l'âge où l'intelligence a toute sa force, une partie de cette impétuosité dans les impressions, qui est le caractère de la jeunesse.
Pourquoi ne pas profiter des contrepoisons de la civilisation, les bons livres.
Il y a deux choses que l'expérience doit apprendre : la première, c'est qu'il faut beaucoup corriger la seconde, c'est qu'il ne faut pas trop corriger.

Œuvres de Eugène Delacroix

A propos de l'oeuvre de Gérard David.A propos du \"Jugement dernier\" de Michel-Ange, 1854.EcritsEcrits, 15 septembre 1850Ecrits, 1855Ecrits, 21 octobre 1860Ecrits, IIEcrits, Journal, 1857Ecrits, Lettre à Madame CavéJournal (1893)Journal 1822-1863Journal 1822-1863, 31 janvier 1850Journal 1822-1863, 7 mai 1824Journal 1822-1863, 8 octobre 1822Journal intimeJournal, 10 mai 1853Journal, 11 mars 1832Journal, 11 mars 1854Journal, 12 août 1850Journal, 12 octobre 1853