Si tout le monde était heureux, personne ne le serait plus.
Auteur
Eugène Avtsine, dit Claude Aveline
Si j'en juge par mon regret de quitter la vie, j'ai dû être heureux plus que je ne pensais.
La plus belle insulte qui m'ait jamais été raportée, d'un chauffeur de taxi à un particulier médiocre conducteur: «Envoie-moi ta mère, que je te refasse.»
L'humanité masculine se répartit en deux groupes: sable ou falaise. La femme est toujours l'océan.
Une maladie soudaine et grave, qui nous montre tout à coup la mort possible, nous permet en même temps de lutter contre elle, tandis que l'hypocrite santé nous y entraîne, comme une fleuve mène vers la mer.
Fais que chaque jour de ta vie soit beau. Le moindre geste est un souvenir futur.
Le taxi s'arrêta, mais d'un coup de frein si brutal qu'un camion qui le suivait démolit son arrière.
C'est un as, cette petite femme.
Même dans la cellule, la nuit, tu peux ouvrir ton carreau - si le gardien le tolère, naturellment.
L'absence de mauvais goût n'est pas un goût, l'art est toujours un risque. Le mot est venu consacrer la défaite.
Demeurer après l'abandon là où nous avons été heureux, quelle détresse pour les amours normales! Et quand bien même nous voudrions demeurer fidèles à ces amours, quel danger!
L'amour est un enfant jaloux, il n'admet pas ces rivaux qu'on le charge de produire lui-même.
Il faut croire que les enfants et les bêtes sont comme tout le monde: on aime toujours bien qui est plus bête ou plus enfant que soi.
Il y a des mots qui existent pour des choses qui n'existent pas: bonheur, par exemple, le vrai bonheur. Ou la vraie chance.
Ceux qui racontent qu'on a des femmes avec de l'argent ne connaissent pas l'amour. Une chaumière et un coeur: j'en suis!
Qu'est-ce que la guillotine ? Une chiquenaude sur le col.
Imprudentes et vaines réflexions que celles qu'inspire le malheur ! Pour méditer sagement, il faut des jours heureux.
Œuvres de Eugène Avtsine, dit Claude Aveline
Avec toi-même, etc (1963)Avec toi-même, etc (1963), PégomancieEt tout le reste n'est rienEt tout le reste n'est rien (1941-1943)Et tout le reste n'est rien (1986)L'Abonné de la ligne U (1940-1941)La Double Mort de Frédéric BelotLe Haut Mal des créateurs ou Le Complexe d'un siècle inexistant (1973)Le Prisonnier (1936)Le Temps mort et autres récits (1943-1949)Les Devoirs de l'espritLes Mots de la fin (1957) (Adrien Lamourette s'entendant signifier sa condamnation à mort en 1794.)Pour l'amour de la nuit 1931-1956 (1956)