Nous devons admettre l'existence, au coeur de l'être humain, d'un programme de négation de la réalité, capable de générer l'illusion nécessaire à la vie.
Les Français se perçoivent comme des gens légers, frivoles et bons vivants, alors qu'ils sont anxieux, tendus, fragiles, travailleurs.
Le confort est partout. L'oisiveté n'est plus nulle part.
On ne peut comprendre Marx sans se souvenir de ses anthrax.
Un sociologue sérieux doit accorder plus d'importance à la sexualité des élites qu'à l'article 16 de la Constitution.
Il semble que dans notre pays la révolution sexuelle doive s'avancer masquée d'idéologie et de politique. Là où, dans le monde anglo-saxon, elle s'envelopperait de musique pop ou de marihuana.
Le principe fondamental de l'identification à autrui n'est pas la reconnaissance du bien mais la reconnaissance de soi dans l'autre.
Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des plus faibles.
L'athéisme est générateur d'angoisse, la population de l'Hexagone est en risque métaphysique et donc à la recherche d'un adversaire structurant, d'une cible : l'islam.
Ce qui a marché en tête des manifestations, ce n'était pas la vieille laïcité, mais une mutation des forces qui avaient autrefois soutenu l'Eglise catholique, c'est le catholicisme zombie.
Il est clair qu'assassiner des enfants ou des hommes, simplement parce qu'ils sont juifs, est plus ignoble que de massacrer une rédaction engagée dans un combat.
Œuvres de Emmanuel Todd