Nous nous donnons bien du mal pour fabriquer nos regrets et nos craintes.
Auteur
Emile-Auguste Chartier, dit Alain
Il n'est pas difficile d'être malheureux; ce qui est difficile c'est d'être heureux; ce n'est pas une raison pour ne pas essayer; au contraire; le proverbe dit que toutes les belles choses sont difficiles.
... l'homme le plus intelligent est souvent celui qui se dupe le mieux lui-même, parce que ses déclamations ont une suite et un air de raison.
... on ne donne aux gens que l'espoir que l'on a.
Nous sommes trop faibles et trop inconstants à nos propres yeux; nous sommes trop près de nous; il n'est pas facile de trouver une bonne perspective de soi, qui laisse tout en vraie proportion.
Exister c'est répondre aux chocs du monde environnant; c'est, plus d'une fois par jour, et plus d'une fois par heure, oublier ce qu'on a juré d'être.
... il faut s'appliquer à se consoler, au lieu de se jeter au malheur comme au gouffre. Et ceux qui s'y appliqueront de bonne foi seront bien plus vite consolés qu'ils ne pensent.
Il y a l'avenir qui se fait et l'avenir qu'on fait. L'avenir réel se compose des deux.
... dans la conversation ainsi que dans la danse, chacun est le miroir de l'autre.
Mais le propre des hommes passionnés est de ne pas croire un seul mot de ce que l'on écrit sur les passions.
C'est presque tout que de savoir lire.
Les nigauds de moralistes disent qu'aimer c'est s'oublier; vue trop simple; plus on sort de soi-même et plus on est soi-même; mieux aussi on se sent vivre.
Il y a de ces visages qui portent affiché comme un blâme universel.
... le bonheur de lire est tellement imprévisible qu'un lecteur exercé s'en étonne lui-même.
C'est peu de prendre les êtres comme ils sont, et il faut toujours en venir là; mais les vouloir comme ils sont, voilà l'amour vrai.
Quelle chose merveilleuse serait la société des hommes, si chacun mettait du bois au feu, au lieu de pleurnicher sur des cendres!
Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j'entends celui que l'on conquiert pour soi, est l'offrande la plus belle et la plus généreuse.
Les vrais problèmes sont d'abord amers à goûter; le plaisir viendra à ceux qui auront vaincu l'amertume.
Toute l'enfance se passe à oublier l'enfant qu'on était la veille.
Le travail a des exigences étonnantes, et que l'on ne comprend jamais assez. Il ne souffre point que l'esprit considère des fins lointaines; il veut toute l'attention. Le faucheur ne regarde pas au bout du champ.
Il n'y a de progrès, pour nul écolier au monde, ni en ce qu'il entend, ni en ce qu'il voit, mais seulement en ce qu'il fait.
A s'informer de tout, on ne sait jamais rien.
Remarquez qu'il y a bien moins de différence entre un homme courageux dans une rencontre, et le même, poltron en une autre, qu'entre deux héros ou deux poltrons.
Le doute est le signe de la certitude.
La vertu d'un homme ressemble bien plus à ses propres vices qu'à la vertu du voisin.
Œuvres de Emile-Auguste Chartier, dit Alain
81 chapitres sur l'esprit et les passionsAu professeur Mondor.Avec BalzacCahiers de Lorient (1964)Cent un proposCorrespondance avec Romain RollandDans La Dépêche de Lorient, 14 juin 1900.De la guerreDéfinitions (1954)Définitions (1954), EgalitéDéfinitions (1954), TortureDéfinitions (1954), ViolenceDéfinitions (1954), VénielEléments de philosophie (1941)Entretiens au bord de la mer (1931)Esquisses de l'hommeEsquisses de l'homme (1927)HegelHistoire de mes pensées (1936)Histoire de mes pensées (1936), Retour