On n'échappe pas à un théorème qui s'applique à soi.
... quelle que soit la petitesse d'un objet, il existe toujours un éclairage qui le fait grand.
Les mathématiques sont une ruse de l'esprit.
... deux, c'est aussi deux fois un.
Imagine un continent dont l'humanité entière serait assurée de l'existence et auquel on ne trouverait aucun moyen d'accès; voilà ce qu'est une conjecture mathématique!
Le merveilleux dans les nombres se trouve dans les nombres eux-mêmes! Pas la peine de les plomber de desseins mystico-psychologiques.
... depuis des siècles, le monde occidental s'est arrogé le pouvoir de nommer les choses pour l'humanité entière.
Toutes les évidences ne sont pas mauvaises à dire. Il arrive même parfois que ce soit en tirant les conséquences des évidences les plus évidentes que l'on découvre les vérités les moins évidentes.
L'Egypte, c'était le Compostelle des matheux!
Il faut aux vérités de la science de belles histoires pour que les hommes s'y attachent. Le mythe, ici, n'est pas là pour entrer en concurrence avec le vrai, mais pour le rattacher à ce à quoi les hommes tiennent et qui les font rêver.
Dans la nuit, un homme cherchait sa pipe au pied d'un réverbère. Un passant lui demande: - «Vous avez perdu votre pipe au pied de ce réverbère?» - «Non! Mais il n'y a que là que je pourrais la voir si elle y était.»
La persuasion n'annule pas définitivement le doute.
Les parallèles, c'est comme les rails d'un train, elles tournent en même temps!
Le refus de l'évidence concrète a une conséquence. Il ouvre la porte à l'inquiétude.
L'Histoire, ce n'est pas aussi ce qui aurait pu être?
Ce qui est isolé, ce qui ne tient à rien, se perd; ce qui est arbitraire n'est pas fait pour être généralement adopté.
Nous sommes les inconsolables orphelins des mesures du passé.
A force d'incanter la perfection, l'indépassable perfection, on pousse à l'erreur, à la faute.
Un nain assis sur la plus haute marche est plus haut qu'un géant dressé sur la plus basse.
A quoi sert une bibliothèque, sinon à fournir à chaque nouvelle génération, à chaque nouveau lecteur, les moyens de se hisser jusqu'aux niveaux ultimes atteints par les savoirs antérieurs ?
Voyez-vous, Monsieur Matthias, on rate plus souvent sa vie qu'on ne rate le train... et je n'ai jamais raté le train de ma vie.
Œuvres de Denis Guedj