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Démosthène

Il faut que les principes d'une politique soient faits de justice et de vérité.
Il n'est pas possible, Athéniens, non, il n'est pas possible de constituer par l'injustice, par le parjure, par le mensonge, une puissance qui dure.
Je crois d'un bon citoyen de préférer les paroles qui sauvent aux paroles qui plaisent.
Quand une seule victime ne peut obtenir justice, chacun doit s'attendre à être le premier à subir ensuite ces outrages.
Toujours nous trouverons qu'on se fait du tort en ne voulant pas faire simplement ce qui est juste et que telle est l'origine de tous les malheurs.
Rien de plus simple que de se leurer soit même, car ce que l'homme souhaite vraiment il le croit vrai.
De petites occasions sont souvent à l'origine de grandes entreprises.
L'âme se façonne aux habitudes et l'on pense comme l'on vit.
Avoir la cervelle dans les talons.
Quand donc, ô Athéniens ! quand ferez-vous votre devoir ? Quattendez-vous ? Un événement ou la nécessité, par Jupiter !... Moi, je ne connais point de nécessité plus pressante que l'instant du déshonneur.
Il est impossible, absolument impossible de vaincre l'ennemi étranger si l'on ne punit pas auparavant l'ennemi domestique, son zélé serviteur : sans cela, heurtant contre l'écueil de l'un, vous seriez invinciblement dépassés par l'autre.
Mais, en vérité, Athéniens, il est une grande différence entre l'accusation et l'invective. L'une présente des crimes dont le châtiment est dans les lois; l'autre, d'outrageantes paroles, que les ennemis se renvoient au gré de leurs fureurs.
Il faut, quand le combat s'engage, que les uns soient vaincus, les autres vainqueurs. Mais je n'hésite pas à dire que, des deux côtés, ceux qui meurent sur le champ de bataille ne sont pas compris dans la défaite, et ont tous également la victoire.
Comme le soleil ne pourrait retirer aux hommes sa lumière sans répandre sur le reste de leurs jours la douleur et la tristesse, ainsi, depuis que les guerriers ne sont plus, de honteuses ténèbres enveloppent l'antique gloire des Hellènes.
Vivre dignes de nos ancêtres ou périr avec gloire, telle fut la maxime des Antiochides, qui n'avaient pu oublier qu'Antiochos était fils d'Hercule.

Œuvres de Démosthène

Contre Midias, 220Eloge funèbre des guerriers athéniens morts à Chéronée.Harangues, Sur l'Halonnèse, 45Huitième PhilippiqueOlynthiennesOlynthiennes, IIOlynthiennes, II, 10Olynthiennes, III, 21Pour les Mégalopolitains, 24Première PhilippiqueProcès de la couronne, Défense