Auteur

Crébillon père

Ah! Doit-on hériter de ceux qu'on assassine!
Le succès fut toujours un enfant de l'audace.
La crainte fit des dieux; l'audace a fait les rois.
Mais peut-on sans trembler opprimer ce qu'on aime?
Que l'amour soit en nous ou penchant ou vengeance, - La faiblesse des coeurs fait toute sa puissance.
C'est ainsi que de nous disposant à son gré, - L'amour sait de nos coeurs s'emparer par degré; - Et, d'appât en appât conduisant la victime, - Il la fait à la fin passer de crime en crime.
Un amant méprisé ne fait point de jaloux: - Mais un grand coeur doit-il céder sans espérance - Aux dangereux appâts d'une aveugle vengeance.
La mort n'est qu'un instant - Que le grand coeur défie, et que le lâche attend.
La crainte fit les Dieux, l'audace a fait les Rois.
L'homme prudent voit trop, l'illusion le suit ; - L'intrépide voit mieux, et le fantôme fuit.
Que l'hymen est puissant sur les coeurs vertueux !
Tout ce déguisement n'est qu'une adresse vaine ; - Je le reconnaîtrais seulement à ma haine.
La mort est-elle un mal ? la vie est-elle un bien ?
Les promesses des rois sont des décrets des dieux.

Œuvres de Crébillon père

Atrée et Thyeste (1707)Catilina (1749), III, 5Catilina (1749), III, 6Catilina (1749), V, 6Idoménée (1705), II, 3Idoménée (1705), III, 1Idoménée (1705), V, 2Le Triumvirat, ou la Mort de Cicéron (1754), III, 4Rhadamiste et ZénobieRhadamiste et Zénobie (1711), IV, 2XerxèsXerxès (1714), I, 1, ArtabanXerxès (1714), I, 7Xerxès (1714), IV, 4