La religion serait un bien, ne fît-elle que nous ouvrir les portes de l'avenir.
Auteur
Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes
Souvent on se donne bien de la peine pour n'être en définitif que ridicule.
L'homme de bien voit l'envie, s'attend à l'ingratitude, et suit sa conscience et son coeur.
Une erreur, source de toutes les erreurs, et qui semble commune à tous les hommes, c'est de juger le mot au lieu de la chose: ce qu'ils on condamné sous une dénomination , ils l'approuvent sous une autre.
Sans l'innocence, la santé et l'indépendance, la gaîté ne saurait exister.
Il semble que l'esprit humain ne peut contenir qu'un certain nombre de vérités, mais qu'il a toujours une place pour l'erreur.
Ah si les honnêtes gens pouvaient un jour se liguer!... mais ils craindraient par-là de cesser d'être honnêtes.
Les plus grandes vérités sont ordinairement les plus simples.
Une maxime nouvelle n'est souvent qu'une brillante erreur.
On ferait beaucoup plus de choses , si l'on en croyait moins d'impossibles.
L'intérêt personnel fait déguiser la vérité aux rois: l'esprit de parti fait qu'on se la dissimule à soi-même.
Sans l'espoir de sauver des innocents, qui voudrait se soumettre à la nécessité de punir des coupables?
Dès qu'un prince a dit: ma volonté sera l'unique loi de mon empire, ce prince ne compte plus que des ennemis.
Malheur au roi qui contraint son peuple à discuter les principes de l'autorité et de l'obéissance!
Le courage est une offense, le respect un aveu de servitude aux yeux des grands.
Un fléau bien difficile à chasser, c'est cette immoralité épidémique dont des peuples entiers semblent frappés dans certains tems malheureux, et qui ronge tous les liens de l'ordre social.
Nulle autorité ne peut arrêter le cours de la justice réglée: toute infraction aux droits des tribunaux est une infraction à la liberté des citoyens.
L'abus d'autorité est le plus grand des délits, puisqu'il intéresse tout un peuple.
La vérité est quelquefois complice de la calomnie.
Quand les principes du gouvernement sont détruits, les vertus personnelles d'un prince ne peuvent garantir l'état d'une subversion totale, que pour le temps de son règne.
La vertu agit et la calomnie l'épie , et attend l'événement: s'il est malheureux , elle empoisonne jusqu'aux intentions de l'objet de sa haine.
Les débats entre la puissance temporelle et la puissance spirituelle, finissent par une guerre à mort.
Il n'y a de bonnes lois que dans les lois simples.
Souvent l'obligé oublie un bienfait, parce que le bienfaiteur s'en souvient.
A qui du brigand qu'on exécute, ou de la société qu'on en délivre, rend-on le plus grand service?