Auteur

Charles Ferdinand Ramuz

Il faut que l'idée naisse de la vision comme l'étincelle du caillou.
Rien ne naît que d'amour, et rien ne se fait que d'amour; seulement il faut tâcher de connaître les différents étages de l'amour.
Je sens que je progresse à ceci que je recommence à ne rien comprendre à rien.
Tout le secret de l'art est peut-être de savoir ordonner des émotions désordonnées, mais de les ordonner de telle façon qu'on en fasse sentir encore mieux le désordre.
Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens; ile ne faut pas fuir excentriquement, il faut fuir concentriquement; fuire le monde, en ce sens-là, c'est le retrouver, et plus grand, plus vrai, plus essentiel.
Le poète est à la fois le plus solitaire et le moins solitaire des hommes.
Il faut bien voir enfin qu'on aime que dans l'éternité, c'est pourquoi il faut prendre soin de se conduire en toute chose comme si ce qu'on fait devait être éternel.
Un point l'inquiétait cependant, c'était pourquoi il était peintre (et il se sentait de plus en plus peintre, non par mode, et imitation, mais par besoin vrai et profond).
Etant l'impression passionée de la vie, les arts ont pour fonction de nous mettre devant la vie dans un état passionné.
Il n'y a plus de solitude là où est la poésie. C'est ainsi que le poète est à la fois le plus solitaire et le moins solitaire des hommes.
Le pain qui est pour le corps - Le vin qui est pour l'esprit.
Je ne crois pas à la science. Je ne crois plus qu'à la croyance. Et je ne suis pas croyant.
Nos temps d'hygiène et de prophylaxie en sont venus à se méfier de tout ce qui est complet, c'est-à-dire vivant.
Le style, c'est la part de l'homme dans l'interprétation des choses.
Déjà, on arrive aux premiers arolles, tandis que les mélèzes deviennent plus petits et maigres.
L'ouvrage n'attend guère dans ces chalets de la montagne où il faut traire les bêtes deux fois par jour.
C'est un roulement de tonnerre. Il se prolonge et gronde au-dessus des montagnes, du côté du nord; ensuite elle l'entend qui vient, avec des cahots, comme un char lourdement chargé de billes de sapin qui s'entrechoquent.
C'est le domestique qui va porter le lait à la fromagerie. Dans la boille, qui est une hotte de fer, arrondie selon la forme du dos, avec deux courroies aux épaules, quarante, soixante litres font un poids ...
Ah! il s'y reconnaît. La même eau, la même quantité d'eau, sa même couleur, son même bondissement entre les mêmes pierres.
On vit que la cuisine était commode parce que très claire et carrée, avec un carreau neuf et un fourneau-potager que j'y avais fait installer.
C'est pas bien grand un carreau de pois, pourtant c'est haut; quand on y est on ne voit plus rien.
Vers cinq heures, mon oncle partit à son tour, à cause qu'il avait ses bêtes à soigner.
Je commandai trois décis, ce qui me fit trois verres, que je vidai coup sur coup; puis cognant sur la table, je commandai trois nouveaux décis.
Peu à peu, le tronc venait à eux. Ils l'amenèrent ainsi jusqu'à l'entrée du dévaloir.
A Lavaux les Savoyardes, pour les effeuilles, traversent cette autre plaine du Rhône, cette plaine d'eau qu'est le lac.

Œuvres de Charles Ferdinand Ramuz

Adieu à beaucoup de personnages et autres morceaux (1914)Aimé Pache - Peintre vaudois (1911)Aline (1905)Chant de notre RhôneDerborence (1934)Farinet ou la Fausse Monnaie (1932)Histoire du soldat (1920)JournalJournal, 10 septembre 1917Journal, 11 avril 1904Journal, 11 décembre 1902Journal, 14 décembre 1903Journal, 1906Journal, 25 juillet 1917Journal, 25 juin 1901Journal, 28 septembre 1905Journal, 8 octobre 1912La Beauté sur la terre (1927)La Grande Peur dans la montagne (1925)La Guerre dans le Haut-Pays (1915)