La vérité subsiste éternellement.
La vérité est si obscurcie en ce temps et le mensonge si établi, qu'à moins d'aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître.
S'il y a un Dieu, il ne faut aimer que lui, et non les créatures.
La vanité est si ancrée dans le coeur de l'homme qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un cracheur de feu se vante et veut avoir des admirateurs et les philosophes mêmes en veulent.
La machine d'arithmétique fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux; mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu'elle a de la volonté, comme les animaux.
Raison des effets. - La concupiscence et la force sont les sources de toutes nos actions: la concupiscence fait les volontaires; la force, les involontaires.
Le sentiment de la fausseté des plaisirs présents et l'ignorance de la vanité des plaisirs absents causent l'inconstance.
Le roi est environné de gens qui ne pensent qu'à divertir le roi, et à l'empêcher de penser à lui. Car il est malheureux, tout roi qu'il est, s'il y pense.
La justice est ce qui est établi; et ainsi toutes nos lois établies seront nécessairement tenues pour justes sans être examinées, puisqu'elles sont établies.
Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tête [ ...] Mais je ne puis concevoir l'homme sans pensée : ce serait une pierre ou une brute.
La mémoire est nécessaire pour toutes les opérations de la raison.
Quoique les personnes n'aient point d'intérêt à ce qu'elles disent, il ne faut pas conclure de là absolument qu'ils ne mentent point; car il y a des gens qui mentent simplement pour mentir.
Ce que Montaigne a de bon ne peut être acquis que difficilement. Ce qu'il a de mauvais, j'entends hors les moeurs, pût être corrigé en un moment, si on l'eût averti qu'il faisait trop d'histoires, et qu'il parlait trop de soi.
Ce n'est pas dans Montaigne, mais dans moi, que je trouve tout ce que j'y vois.
La raison nous commande bien plus impérativement qu'un maître; car en désobéissant à l'un on est malheureux, et en désobéissant à l'autre on est un sot.
Que je hais ces sottises, de ne pas croire l'Eucharistie, etc. Si l'Evangile est vrai, si Jésus-Christ est Dieu, quelle difficulté y a-t-il là?
Nous connaissons la vérité, non seulement par la raison, mais encore par le coeur.
Personne ne parle de nous en notre présence, comme il en parle en notre absence.
La coutume est une seconde nature, mais la nature n'est-elle pas une première coutume.
Connaissons donc notre portée; nous sommes quelque chose, et nous ne sommes pas tout; ce que nous avons été nous dérobe la connaissance des premiers principes, qui naissent du néant; et le peu que nous avons d'être nous cache la vue de l'infini.
Il faut se connaître soi-même; Quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela au moins sert à régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste.
Dieu est sensible au coeur, non à la raison.
J'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.
Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.
Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé.
Œuvres de Blaise Pascal
Chap. XXV - Faiblesse de l’hommeDe l'Esprit géométrique et de l'Art de persuader (1657)De l'esprit géométriqueDiscours sur la condition des grands, IIDiscours sur les passions de l'amourDiscours sur les passions de l'amour (1652-1653)Entretien avec M. de SacyEntretien avec M. de Sacy.Fragment de préface pour le traité du vide (1647)Les provinciales (1656)Les provinciales (1656), 16Les provinciales (1656), 6Les provinciales (1656), IILes provinciales (1656), IIILes provinciales (1656), IXLes provinciales (1656), VILes provinciales (1656), XLes provinciales (1656), XILes provinciales (1656), XIILes provinciales (1656), XV