Auteur

Bernard Pivot

Il en est de la culture à la télévision comme des habitants des villes: rejetée à la périphérie.
Les mots en ont toujours un pour rire.
A la liberté de provocation, répond la liberté d'objection.
Un intellectuel, c'est d'abord quelqu'un qui réfléchit avant d'écrire et de parler, qui réfléchit avant de réfléchir, et qui réfléchit même sur l'utilité de la réflexion avant la réflexion proprement dite.
On ne peut pas poser une question, car il est dans la nature de celle-ci d'être volatile et volubile et dans son rôle de frapper et de rebondir.
Apostrophes était parfois rasoir, mais, croyez-moi, c'était involontaire. J'ai toujours considéré que le premier irrespect qu'on doit à la culture, surtout à la télévision, c'est l'humour - lequel a d'ailleurs fait de beaux enfants à la culture.
Le divertissement pouvant être vu par tous, rassemble la famille, tandis que la culture, rejetée par certains, la divise.
A la télévision, on ne peut être autrement que ce qu'on est profondément.
Le public qui aime les livres est restreint, mais ferme dans ses choix, et courageux dans ses curiosités.
A la tête de l'auteur, le téléspectateur ne juge pas le livre, mais de son intérêt à l'acheter et à le lire.
La télévision ne produit pas de stars. Elle porte momentanément au pinacle de la notoriété, des journalistes et des animateurs. Que ces vedettes quittent leur emploi, elles sont vite oubliées.
Commercialement, la culture est pénalisante.
Je connais peu d'humiliations qui résistent à un nom sur une liste de best-sellers.
Il y a toujours quelque chose à retenir d'un médiocre match de football: une talonnade, un tir... On lit un livre raté avec la conviction que le suivant sera meilleur.
Le premier irrespect qu'on doit à la culture, surtout à la télévision, c'est l'humour.
Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.
Le culte de la beauté et de la performance, développé, sublimé notamment dans la publicité, réunit dans les pays occidentaux plus de fidèles que toutes les religions.
La rêverie vagabonde est nécessaire à une bonne hygiène de vie, à l'équilibre de l'homme dans la bourrasque quotidienne.
La télévision peut être un impitoyable neuroleptique et un puissant somnifère.
Aujourd'hui encore, le destin de la femme, dans la plupart des familles, c'est de ne pas bouger.
N'est-il pas dans la nature de la poésie d'être et de rester souterraine?
Il n'y a plus d'auteurs au théâtre; s'il y en avait, cela se saurait, ils seraient publiés.
Malheur aux naïfs qui croient que zapper c'est vivre et qu'en conséquence vivre c'est zapper...
Le zapping est une incitation fébrile et sournoise à exiger davantage des autres: disponibilité immédiate, obéissance, comme à la télé, au doigt et à l'oeil.
Le TGV, trop rapide, est un mauvais coup porté au livre.

Œuvres de Bernard Pivot

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