Celui qui ajoute du vert au printemps, des roses à l'automne, du pourpre à de jeunes lèvres, crée de la laideur parce qu'il ment.
Ferme tes yeux de chair pour contempler d'abord ton image avec l'oeil de l'esprit.
J'ai toujours essayé de rendre les sentiments intérieurs par la mobilité des muscles.
Un art qui a de la vie ne produit pas le passé; il le continue.
L'art, c'est la plus sublime mission de l'homme, puisque c'est l'exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre.
Je marche dans l'antiquité la plus reculée. Je veux relier le passé au présent, reprendre le souvenir, juger et arriver à compléter.
Il n'y a réellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur: il n'y a qu'une seule beauté, celle de la vérité qui se révèle...
Ma bonne Rose (Madame Rodin, 65 ans), je t'envoie cette lettre comme une réflexion que je fais de la grandeur du cadeau que Dieu m'a fait en te mettant près de moi. Mets ceci dans son coeur généreux. Je reviens mardi. Ton ami.
Je n'invente rien, je redécouvre.
Les compliments sont des bonbons dont les femmes raffolent toute leur vie; jeunes, pour les croquer à pleines dents; vieilles, pour les faire fondre doucement entre leurs dents.
Sans doute le métier n'est qu'un moyen. Mais l'artiste qui le néglige n'atteindra jamais son but, qui est l'interprétation du sentiment, de l'idée. Il en sera de cet artiste comme d'un cavalier qui oublierait de donner de l'avoine à sa monture.
Œuvres de Auguste Rodin