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Auguste Detoeuf

On croit d'abord qu'on travaille pour soi ; on se figure ensuite qu'on travaille pour sa femme ; on est persuadé plus tard qu'on travaille pour ses enfants ; on s'aperçoit en fin de compte que, pendant tout le temps, on a travaillé pour travailler.
Aide-toi, l'État ne t'aidera pas.
Avoir fait fortune, c'est posséder un peu plus d'argent que les gens qu'on fréquentait la veille. Juste assez pour pouvoir les laisser tomber.
Les économistes ont raison : le capital est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
L'homme ne se nourrit pas seulement de pain ; il faut donner à ceux qu'on emploie un salaire et un idéal . Mais l'homme se nourrit d'abord de pain ; il ne faut pas oublier le salaire sous le prétexte qu'on fournit l'idéal .
Le capital c'est du travail accumulé. Seulement comme on ne peut pas tout faire ,ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent.
Tout se paie. Il y a deux monnaies : l'argent et la satisfaction de vanité. Si vous avez le choix, et si vous êtes débiteur, payez en vanité, car c'est une monnaie que vous émettez vous-même et dont l'émission n'a pas de plafond. Si vous êtes créancier, choisissez l'argent : vous aurez le reste par surcroit.
Ce qu'on nomme bénéfice d'un exercice social est un chiffre arbitraire à l'intérieur d'un domaine limité inférieurement par la crainte de l'Assemblée Générale et supérieurement par la crainte de la correctionnelle .
II y a trois manières de se ruiner... le jeu, les femmes et les ingénieurs. Les deux premières sont plus agréables ; mais la dernière est plus sûre.
Un homme arrivé ne bouge plus.
Il y a en tout homme deux êtres : lui-même et l'opinion publique. Formée en lui, avec sa pensée, au temps qu'on l'éduquait, sans cesse rappelée à lui, du dehors et du dedans, elle le pénètre, au point qu'il a bien du mal à discerner ce qu'il resterait de lui, elle disparue.
On fait tout avec de l'argent, excepté des hommes.
Le pourboire se donne aux salariés insuffisamment rémunérés : les postiers, les garçons de café et d'hôtel, les chauffeurs de taxi, et (à l'étranger) les hommes politiques.
Comment ne pas rappeler, en parlant d'affaires, la forte observation de Paul Laffitte ? Un idiot riche est un riche. Un idiot pauvre est un idiot.

Œuvres de Auguste Detoeuf

Propos d'O.L. Barenton, confiseur (1951)