Auteur

Antoine-Vincent Arnault

Je vais où le vent me mène, - Sans me plaindre ou m'effrayer; - Je vais où va toute chose, - Où va la feuille de rose - Et la feuille de laurier.
On ne supporte qu'à moitié - Le poids des misères humaines, - Quand le ciel accorde à nos peines - Les tendres soins de l'amitié.
On ne peut s'appuyer que sur ce qui résiste.
Le bons sens est parfois l'objet de nos mépris. - C'est à tort: d'ordinaire il indique l'obstacle, - Il juge le terrain, que tant de grands esprits - Souvent n'ont bien connu qu'au jour de la débâcle.
Rarement à changer on gagne.
Semblable au désespoir, l'attente nous dévore; - Et tout près du bonheur on est à plaindre encore. - Tel est votre tourment.
On craint, quand on connaît le peuple et ses caprices, - Les vertus d'un rival tout autant que ses vices.
Vieillir de jour en jour plus triste: - C'est l'histoire de l'égoïste - Et celle du colimaçon.
J'aime mieux un franc ennemi - Qu'un bon ami qui m'égratigne.
Mes défauts sont connus : pourquoi m'en affliger ? - Mieux vaudrait les mettre à la mode. - Je ne saurais les corriger, - Affichons-les ; c'est si commode !
Une loi de Rome ancienne ordonnait que le calomniateur serait marqué au front de la lettre K. Une loi de Rome moderne les condamne à la peine du fouet. Quel bonheur pour certains faiseurs d'histoires, que ces lois ne soient pas en vigueur en France !
Le trépas seul éteint l'espoir au coeur de l'homme.
La cause de notre grandeur - Peut l'être aussi de notre perte.
Le plus puissant toujours n'est pas le plus heureux.
Pour produire de bons écrits, - Nourrissez-vous de bons modèles.
On peut d'une tête insensée - Voir quelquefois jaillir une heureuse pensée.
J'aime mieux maigrir dans l'honneur, - Que d'engraisser dans l'infamie.
Il faut juger sur l'habitude.
Qu'un frein soit de fer ou d'or, - Qui l'accepte est un esclave.

Œuvres de Antoine-Vincent Arnault

Blanche et Montcassin, ou Les Vénitiens (1798), III, 4FablesFables (1802)Fables (1802), I, 5, Le Chien et le ChatFables (1802), I, 7, Secret de PolichinelleFables (1802), Le colimaçonFables (1812), II, 15, Le Cheval et le PourceauGermanicus (1817)Guillaume de nassau (1825), I, 2L'AbeilleL'Enfant et les deux ChiensLa DébâcleLa langue du ChienLe Cheval et le MaquignonLe Loup et sa MèreLes Cochons et les TruffesLes deux BambousMarius à Minturnes (1791), II, 2Mon porte-feuille