Auteur

Antoine Rivaroli, dit Rivarol

Tout le monde s'agite pour trouver enfin le repos; mais il y a des hommes si paresseux qu'ils mettent le but au début.
La raison est historienne, mais les passions sont actrices.
La peur est la plus terrible des passions parce qu'elle fait ses premiers effets contre la raison; elle paralyse le coeur et l'esprit.
Le vrai philosophe est celui qui se place, par le seul effort de sa raison, au point où le commun des hommes n'arrive que par le bienfait du temps.
Les philosophes sont plus anatomistes que médecins: ils dissèquent et ne guérissent pas.
La politique est comme le sphinx de la fable: elle dévore tous ceux qui n'expliquent pas ses énigmes.
La propreté embellit l'opulence et déguise la misère.
On corrompt la fille innocente avec des propos libres, et l'amour délicat séduit la femme galante: fruit nouveau pour l'une et l'autre.
Il est des malheurs comme des vices dont on rougit d'autant moins qu'on les partage avec plus de monde.
La plus grande illusion de l'homme est de croire que le temps passe. Le temps est le rivage; nous passons, il a l'air de marcher.
Le temps est comme un fleuve, il ne remonte pas vers sa source.
Il faut faire, pour valoir quelque chose en ce monde, ce qu'on peut, ce qu'on doit et ce qui convient.
Les hommes naissent nus et vivent habillés, comme ils naissent indépendants et vivent sous des lois.
Les ronces couvrent le chemin de l'amitié quand on n'y passe pas souvent.
L'amour naquit entre deux êtres qui se demandaient le même plaisir.
Si la tristesse est si près de la fortune, pourquoi l'envie est-elle si loin de la pitié.
L'abbé Giraud, qui s'était fait dénigreur de son métier, et qui avait coutume de dire de tous les livres qu'il lisait: C'est absurde! Il va laissant tomber sa signature partout.
Il est bien doux pour moi de songer que je ne suis pas encore éteint dans le souvenir de Madame Roussel.
L'amour qui vit dans les orages et croît au sein des perfidies, ne résiste pas toujours au calme de la fidélité.
Les langues sont les vraies médailles de l'histoire.
Ce qui n'est pas clair n'est pas français; ce qui n'est pas clair est encore anglais, italien, grec ou latin.
Sûre, sociale, raisonnable, ce n'est plus la langue française, c'est la langue humaine.
L'or est le souverain des souverains.
Les pavots de la vieillesse s'interposent entre la vie et la mort, pour nous faire oublier l'une et nous assoupir sur l'autre.
L'amour qui vit dans les orages et croît souvent au sein des perfidies, ne résiste pas toujours au calme de la fidélité.

Œuvres de Antoine Rivaroli, dit Rivarol

A ManetteDans le Journal politique national.De l'homme intellectuel et moralDe l'universalité de la langue françaiseDe l'universalité de la langue française (1784)Discours préliminaire du nouveau dictionnaire de la langue française (1797)Discours sur l'homme intellectuel et moralDiscours sur l'universalité de la langue françaiseEsprit de Rivarol (oeuvres diverses)Esprit de Rivarol (oeuvres diverses) (1808)Esprit de Rivarol (oeuvres diverses), Anecdotes et bons motsEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), CritiqueEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), LangueEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), LittératureEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), MoraleEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), MétaphysiqueEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), PolitiqueFragments et Pensées philosophiquesFragments et pensées politiquesL'Universalité de la langue française (1783)