Auteur

Antoine Rivaroli, dit Rivarol

L'estomac est le sol où germe la pensée.
L'homme est le seul animal qui fasse du feu, ce qui lui a donné l'empire du monde.
L'amour, qui vit dans les orages, et croît souvent au sein des perfidies, ne résiste pas toujours au calme de la fidélité.
Les mêmes moyens qui rendent un homme propre à faire fortune l'empêchent d'en jouir.
On ne déraisonne jamais mieux que lorsqu'on a beaucoup de raison à perdre; comme on ne se ruine jamais mieux que lorsqu'on a beaucoup de fortune.
Il faut avoir l'appétit du pauvre pour jouir de la fortune du riche.
On a de la fortune sans bonheur, comme on a des femmes sans amour.
Le génie des idées est le comble de l'esprit; le génie des expressions est le comble du talent.
Les souverains ne doivent jamais oublier que, le peuple étant toujours enfant, le gouvernement doit toujours être père.
Les princes parvenus jouissent mieux de l'empire que les princes héréditaires.
On peut être un grand roi, un grand homme, un grand général, sans être un héros.
On ne tire pas des coups de fusil aux idées.
Les idées sont des fonds qui ne portent intérêt qu'entre les mains du talent.
On tue l'ignorance comme l'appétit: on mange, on étudie, et c'est ainsi qu'on avance vers cet état qui rend la mort si nécessaire.
L'homme, ici-bas, n'a pas reçu de provisions pour l'immortalité: c'est un voyageur qui finit sa route.
On n'a pas le droit d'une chose impossible.
Il faut avoir l'appétit du pauvre pour jouir de la fortune du riche, et l'esprit d'un particulier pour jouir comme un roi.
Nous sommes dans un siècle où l'obscurité protège mieux que la loi et rassure plus que l'innocence.
Les lois de la nature sont admirables, mais elles écrasent beaucoup d'insectes dans leurs rouages, comme les gouvernements beaucoup d'hommes.
Les moutons s'attroupent, et les lions s'isolent.
Le mérite peut être malheureux et l'est souvent; ce qui réconcilie avec lui.
Si cette parole d'un sage: - Quand tu doutes, abstiens-toi, est la plus belle maxime de la morale, elle est aussi la première en métaphysique.
L'homme modeste a tout à gagner, et l'orgueilleux a tout à perdre: car la modestie a toujours affaire à la générosité, et l'orgueil à l'envie.
La nécessité est plus humaine que la philosophie: car c'est la nature qui fait la nécessité, et c'est nous qui faisons la philosophie.
La paresse n'est, dans certains esprits, que le dégoût de la vie; dans d'autres, c'en est le mépris.

Œuvres de Antoine Rivaroli, dit Rivarol

A ManetteDans le Journal politique national.De l'homme intellectuel et moralDe l'universalité de la langue françaiseDe l'universalité de la langue française (1784)Discours préliminaire du nouveau dictionnaire de la langue française (1797)Discours sur l'homme intellectuel et moralDiscours sur l'universalité de la langue françaiseEsprit de Rivarol (oeuvres diverses)Esprit de Rivarol (oeuvres diverses) (1808)Esprit de Rivarol (oeuvres diverses), Anecdotes et bons motsEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), CritiqueEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), LangueEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), LittératureEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), MoraleEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), MétaphysiqueEsprit de Rivarol (oeuvres diverses), PolitiqueFragments et Pensées philosophiquesFragments et pensées politiquesL'Universalité de la langue française (1783)