Auteur

Antoine de Saint-Exupéry

On écoute la musique du coeur : c'est joli pour qui sait entendre.
Petite fille, j'ai essayé de vous téléphoner […]. Je vous ai aussi envoyé un mot de quatre lignes mais vous n'avez pas accusé le coup. C'est pourquoi, petite fille invisible, je me suis inventé la petite fille ci-joint dont je vais me faire une amie, comme du Petit Prince, et dont je vais raconter l'histoire. […] Elle est toute mélancolique parce qu'elle ne sait pas encore que je suis pour elle un grand ami, mais je crois que sur un de mes prochains dessins elle va sourire.
Les contes de fées c'est comme ça. Un matin on se réveille. On dit : « Ce n'était qu'un conte de fées … ». On sourit de soi. Mais au fond on ne sourit guère. On sait bien que les contes de fées c'est la seule vérité de la vie.
On sait bien que les contes de fées c'est la seule vérité de la vie.
Je ne veux plus me brouiller avec toi. Tant pis pour moi si je suis parfois un peu triste. Tu as raison sur tant de choses, je te ferais sans doute plus de mal que de bien. Sans doute, non, mais peut-être. Alors j'ai pris de grandes résolutions et tu peux me revoir. Je suis ton ami. Bien sûr, mes résolutions, le moindre printemps les ferait fléchir mais tant pis s'il n'est point de printemps.
Je sais trop bien qu'à force de fardeaux et de bandeaux c'est l'amour que l'on vivifie
Quel est l'élan d'amour qui paierait ma mort ? On meurt pour une maison. Non pour des objets et des murs. On meurt pour une cathédrale. Non pour des pierres. On meurt pour un peuple. Non pour une foule.
Nous avons cessé de donner. Or si je prétends ne donner qu'à moi-même je ne reçois rien, car je ne bâtis rien dont je sois, et donc ne suis rien. Si l'on vient ensuite exiger de moi que je meure pour des intérêts, je refuserai de mourir. L'intérêt d'abord commande de vivre. Quel est l'élan d'amour qui paierait ma mort ? On meurt pour une maison. Non pour des objets et des murs. On meurt pour une cathédrale. Non pour des pierres. On meurt pour un peuple. Non pour une foule. On meurt par amour de l'Homme, s'il est clef de voûte d'une Communauté. On meurt pour cela seul dont on peut vivre.
Dites la vérité, général, la France a perdu la guerre. Mais ses alliés la gagneront.
Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer.
Je suis la vie et j’organise.
Et par contre, si je communique à mes hommes l’amour de la marche sur la mer, et que chacun d’eux soit ainsi en pente à cause d’un poids dans le cœur, alors tu les verras bientôt se diversifier selon leurs mille qualités particulières. Celui-là tissera des toiles, l’autre dans la forêt par l’éclair de sa hache couchera l’arbre. L’autre, encore, forgera des clous, et il en sera quelque part qui observeront les étoiles afin d’apprendre à gouverner. Et tous cependant ne seront qu’un. Créer le navire ce n’est point tisser les toiles, forger les clous, lire les astres, mais bien donner le goût de la mer qui est un, et à la lumière duquel il n’est plus rien qui soit contradictoire mais communauté dans l’amour.
Créer le navire ce n’est point tisser les toiles, forger les clous, lire les astres, mais bien donner le goût de la mer qui est un, et à la lumière duquel il n’est plus rien qui soit contradictoire mais communauté dans l’amour.
Il est bon que je vous contraigne de bâtir, d'un voilier qui ira sur la mer, la coque, les ponts et la mâture, puis que dans un beau jour, comme un jour de mariage, je vous le fasse habiller de voiles et offrir à la mer. Alors le bruit de vos marteaux sera cantique, votre sueur et vos ahans seront ferveur. Et votre lancée du navire sera geste miraculeux car vous aurez fleuri les eaux
Et par contre, si je communique à mes hommes l’amour de la marche sur la mer, et que chacun d’eux soit ainsi en pente à cause d’un poids dans le cœur, alors tu les verras bientôt se diversifier selon leurs mille qualités particulières. Celui-là tissera des toiles, l’autre dans la forêt par l’éclair de sa hache couchera l’arbre. L’autre, encore, forgera des clous, et il en sera quelque part qui observeront les étoiles afin d’apprendre à gouverner. Et tous cependant ne seront qu’un.

Œuvres de Antoine de Saint-Exupéry

ApocrypheAu docteur Henri Comte, à Casablanca, après le succès de Terre des hommes.CarnetsCarnets (1953)Citadelle (1948)Citadelle (1948), CCIVCitadelle (1948), CLIICitadelle (1948), CLVIIICitadelle (1948), CLXIXCitadelle (1948), CLXVCitadelle (1948), CLXXIVCitadelle (1948), CLXXVCitadelle (1948), CXCICitadelle (1948), CXCVICitadelle (1948), CXCVIIICitadelle (1948), CXLIICitadelle (1948), CXXIIICitadelle (1948), CXXVCitadelle (1948), CXXXIICitadelle (1948), II