Auteur

Antoine Bret

Il est difficile aux amants de s'entretenir longtemps debout.
Le premier soupir de l'amour est le dernier de la sagesse.
Je sens que mon projet est hardi, téméraire, - Qu'il fallait, vous aimant, savoir du moins me taire; - A quel âge l'amour connaît-il la raison? - Je n'ai pu dissiper des feux hors de saison.
Soupçonner ce qu'on aime; à mon gré, c'est unir - et l'amour à la haine, et la peine au plaisir.
J'ai des raisons pour garder le silence, - Le vrai n'est pas toujours conforme à l'apparence.
Sans le fard de l'amour par qui tout s'apprécie, - Les graces sont sans force, et la beauté sans vie. - Daignez donc jusqu'à vous, laissant aller ses traits, - Leur laisser embellir encore vos attraits.
Il faut à deux époux la rare convenance - Qui doit de leur bonheur cimenter l'espérance.
C'est montrer assez sa faiblesse, - Que d'user d'un pareil détour ; - Je dois l'exemple en ce séjour, - Et je répète encor ce que je dis sans cesse : - Le premier soupir de l'amour - Est le dernier de la sagesse.

Œuvres de Antoine Bret

L'Ecole amoureuse (1747)L'Orpheline ou le Faux généreux (1758)La Double Extravagance (1750)La Double Extravagance (1750), VIILe Jaloux (1755)Le Jaloux (1755), VTelle mère telle fille