Ce n'est pas la toute-puissance de Dieu qui nous menace... mais sa douceur.
En France, il est indispensable de mourir si l'on tient à se faire rendre justice.
Il a été décidé qu'on reparlerait, dès les petites classes, d'éducation civique, d'honnêteté, de courage, de refus du racisme et d'amour de la République. Il est dommage que l'école ne soit fréquentée que par les enfants.
Inviter les gens à se parler plutôt qu'à se battre est une idée trop simple qui ne vient en général aux combattants que lorsqu'ils n'ont plus de munitions.
Je n'ai jamais très bien compris pourquoi une semaine de grève s'appelle une «semaine d'action».
L'expérience prouve qu'il est beaucoup plus facile de prendre des otages que de les relâcher.
L'ignorance, pourvu qu'on l'entretienne avec soin, a du moins l'avantage de protéger son bénéficiaire de l'erreur.
Le spirituel est le dernier de nos soucis, avant de devenir le premier de nos regrets.
Les cimetières sont les vestiaires de la résurrection.
Les Français raffolent des révolutions, mais ils ont horreur du changement.
Les procès finissent toujours par celui de la justice.
Nos intellectuels sont toujours prêts à mettre en doute une vérité, mais rarement une erreur.
Prier, c'est exaucer Dieu.
Si les Français ne veulent pas que leurs ministres démissionnent, c'est qu'ils tiennent à les renvoyer eux-mêmes.
Semaine épouvantable: pas un seul sondage d'opinion. Tant pis, nous essaierons de deviner tout seuls nos propres intentions.
Dans certaines situations, il n'y a qu'une chose à faire: rien. Mais il faut le faire tout de suite, sans attendre une minute de plus. On perd toujours trop de temps avant d'agir.
Le mot «légitime» perd toute espèce de sens quand on l'associe à celui d'«ambition».
Tout le monde sait que la terre, chose bizarre, produit dix fois moins lorsque ceux qui la travaillent n'ont aucun droit sur elle.
Méfions-nous des entraînements de la sensibilité! On commence par plaindre les assassins et par un enchaînement fatal on finit par s'apitoyer sur les victimes...
On ne peut pas trop se fier à Jean-Jacques Rousseau. Il est le père de la démocratie moderne, c'est vrai, mais il ne s'est jamais beaucoup soucié de ses enfants.
Avec la proportionnelle, le pouvoir se trouve à la merci de ces «petits groupes charnières» qui font chanter les grandes formations et qui finissent par avoir dix fois plus d'importance que le corps électoral ne leur en a accordé.
Si la création par Dieu ne demande qu'un miracle initial, l'explication du monde à partir d'un nuage de gaz résolument évolutionniste exige un miracle par microseconde.
On parle toujours de «fanatisme aveugle», comme s'il y avait des fanatismes clairvoyants.
Il semble que la foi du charbonnier soit un peu moins vive depuis la découverte du pétrole.
Qu'est-ce que la foi?... Ce qui permet à l'intelligence de vivre au-dessus de ses moyens.
Œuvres de André Frossard