Auteur

Alphonse Rabbe

La mort, comme un faucheur habile, rase l'herbe la plus courte, et laisse la terre à nu.
Pensez au matin que vous n'irez peut-être pas jusqu'au soir, et au soir que vous n'irez peut-être pas jusqu'au matin.
Combien de ceux qui étaient entrés avec moi dans le monde en sont déjà sortis?
A quoi a servi à tant d'hommes qui maintenant sont au tombeau, réduits en cendres, d'avoir eu des inimitiés, des soupçons, des querelles?
La mort est un bon pasteur, car elle ne perd jamais rien de son troupeau.
La douleur déprave; et ce genre de dépravation est d'autant plus à craindre que celui qui gémit sous son atteinte a un plus vif sentiment de son innocence.

Œuvres de Alphonse Rabbe

Album d'un pessimiste (1979)