Auteur

Alfred Sauvy

La charité a toujours soulagé la conscience des riches, bien avant de soulager l'estomac du pauvre.
La croyance en la fortune est une marque d'orgueil et, de ce fait, est antiscientifique. Les dieux ont les yeux fixés sur moi. Ils me veulent du bien... ou bien ils me veulent du mal; en tout cas, je ne passe pas inaperçu.
Les décisions politiques peuvent longtemps galoper, sans encourir la dure sanction des faits; mais il n'en est pas de même pour l'économie.
On vient de me voler! - Que je plains ton malheur! - Tous mes vers manuscrits! - Que je plains le voleur.
En période de mobilité économique, la souplesse est une condition vitale du plein emploi.
C'est le degré de culture et de prévoyance plus que le degré d'aisance qui paraît régler la restriction des naissances.
L'aménagement du territoire poursuit systématiquement la concentration meurtrière, par le double effet de la vanité et d'erreurs de comptabilité ...
Votre idéal doit être en avant et non en arrière... Mais l'idée de construire une société nouvelle sur des ruines est d'une tragique puérilité
Jusqu'à l'achèvement de l'industrie, les hommes travaillent en circuit fermé, indéfiniment renouvelable, l'engrais naturel et les déchets reviennent à la terre.
Les bateaux déchargeant dans la mer devraient être frappés de lourdes taxes ou amendes de dissuasion.
Aux Etats-Unis ..., il est question de compléter et de corriger la publicité à la télévision par une contre-publicité permettant à chacun de juger.
Bien d'autres menaces se profilent, par destruction des équilibres écologiques naturels.
La découverte d'îles polynésiennes, le mythe du «bon sauvage», ont contribué à renforcer encore cette vue édénique.
La collectivité paie l'évacuation et la destruction éventuelle ou l'enfouissement des déchets.
Il reste partout en Europe et notamment en France des richesses non exploitées, des terres en friche, soit du fait du régime de la propriété, soit du fait de la sélection des terres.
Les invendus sont pris pour des excédents. Nous savons que c'est l'illusion générale.
Ce Tiers Monde ignoré, exploité, méprisé comme le tiers état, veut lui aussi être quelque chose.
Car enfin ce Tiers Monde ignoré, exploité, méprisé comme le tiers état, veut, lui aussi, être quelque chose.
Moins cruel qu'Ugolin qui dévorait ses enfants pour leur conserver un père, les hommes d'aujourd'hui se contentent de ne pas avoir d'enafnts pour leur conserver des parents.
On voudrait trouver un mot moins barbare, plus expressif que le malsonnant terme de «malthusianisme». Mais la langue française n'en possède pas plus que n'en a le langage de bantous tuberculeux pour désigner le bacille de Koch.
Si l'utilisation rationnelle des statistiques économiques à des fins pratiques n'est pas plus en honneur, c'est qu'elle est à la fois pénible par un bout et périlleuse par l'autre.
Dans un milieu où les mobiles sentimentaux tiennent la place essentielle, l'observateur objectif est un asocial, avec tous les risques de cette situation.
Réputé cartésien, le Français est un grand sentimental, épris de justice, ennemi de l'inégalité, votant ou décidant sur des principes, là où d'autres votent sur des choses, et ayant greffé sur un solide esprit paysan, un fin esprit de chicane.
De même que les administrations fonctionneraient de façon satisfaisante, s'il n'y avait pas le public, de même les théories économiques seraient relativement faciles à établir sans la présence de cet insupportable gêneur qu'est l'Homme.

Œuvres de Alfred Sauvy

Bien-être et Population (1945)Chances de l'économie française (1946)Croissance zéro ? (1973)Croissance zéro? (1973)L'Observateur, 14 août 1952, Trois mondes, une planète.L'Observateur, 14 août 1952.La France ridée (1979)La populationLe pouvoir et l'opinion (1949)Mythologie de notre tempsThéorie générale de la population I (1952)