Auteur

Alberto Moravia

L'amour-propre est une curieuse bête, qui peut dormir sous les coups les plus cruels et puis s'éveille, blessé à mort, par une simple égratignure.
Le bonheur est d'autant plus grand qu'on y prête moins attention.
L'amour-propre est une curieuse bête, qui peut dormir même sous les coups les plus cruels et puis s'éveille, blessé à mort par une simple égratignure.
(A quinze ans), il est facile de sauter des plus obscurs sentiments à une logique hardie et abstraite, dédaigneuse de tout compromis et de toute exception.
... il pensa qu'il était beau d'agir, même si c'était pour détruire sa propre vie; et qu'agir, c'était justement cela: accomplir des actes d'après des idées et non point par nécessité.
Mourir, lui arrivait-il parfois de penser, était peut-être le seul vrai plaisir que la vie réservât aux hommes.
(L'ennui) est le fait de l'incommunicabilité et de l'incapacité d'en sortir.
Il est moins facile de se libérer des sentiments que des idées: celles-ci vont et viennent mais les sentiments demeurent.
... sa voix était parfaitement neutre, à égale distance entre la vérité et le mensonge.
(Il) était pour moi un peu ce qu'est un miroir pour un malade: un témoignage irrécusable des progrès de la maladie.
On peut tout prévoir, sauf le sentiment que pourra vous inspirer ce qu'on a prévu.
... la contradiction constitue le fond mouvant et imprévisible de l'âme humaine.
Plus on est heureux et moins on prête attention à son bonheur.
... il y a dans l'amour une grande capacité non seulement d'illusion, mais encore d'oubli.
... diriger consiste en grande partie à savoir se servir astucieusement des autres.
... l'homme veut toujours espérer même lorsqu'il est convaincu qu'il n'y a plus d'espoir.
... un mal indéfini provoque des inquiétudes parce qu'au fond on espère jusqu'au bout qu'il n'est pas réel; un mal certain inspire pendant quelque temps une morne tranquillité.
J'ai remarqué que plus on est envahi par le doute, plus on s'attache à une fausse lucidité d'esprit avec l'espoir d'éclaircir par le raisonnement ce que le sentiment a rendu trouble et obscur.
Oui, je me tuerais pour atteindre dans la mort cette pureté qui m'avait manqué dans la vie.
Bref, nous ne nous jugions pas: nous nous aimions.
Ce fut alors que je devins peintre; je veux dire que j'espérai rétabli une fois pour toutes, au moyen de l'expression artistique, mon rapport à la réalité.
J'étais anti-famille, j'étais anti-social, en un mot, artiste. L'activité artistique ne peut être que contraire à la morale, à la raison, à la famille.
Peut-on considérer le désespoir comme condition normale de la vie sans aller jusqu'à sa conséquence, jusqu'au suicide?
Il n'y a pas de femmes frigides, il n'y a que des femmes qui n'ont pas rencontré l'homme qu'il leur faut.
Il n'y a jamais rien de bizarre chez les gens. Dès qu'on cherche à les pénétrer, on saisit que leur conduite, si insolite qu'elle paraisse, est toujours due à quelque motif parfaitement plausible.

Œuvres de Alberto Moravia

1934 (1983)L'EnnuiL'Ennui (1960)La Belle Romaine (1947)La Belle Romaine (1947), II, 1La Belle Romaine, II, 2La désobéissanceLe Mépris (1954)Le Roi est nuLe méprisLe mépris, ILettres du Sahara (1981)