Le progrès social commence toujours par l'indépendance des fesses.
Le poids de la malle lui écrasait les membres, et il était à chaque instant prêt à succomber sous sa charge.
Enseigner la vie sans la vivre était le crime de l'ignorance la plus détestable.
Ces protestations véhémentes de femme indignée n'étaient qu'une frime.
Une hutte de paysan, en boue séchée, à moitié démolie, se dressait en bordure d'une ancienne rigole envahie par les herbes.
Etre illettré, quelle chance de survie dans un monde voué au massacre!
Depuis toujours le destin besogneux de l'homme l'empêche de rêver à un idéal qui ne soit pas matériel et en conformité avec ses besoins et sa sécurité. Gagner sa vie est l'unique chose qui le préoccupe et qu'on lui enseigne dès son enfance.
Son sens véritable de la vie : la vie sans dignité. Etre vivant suffisait à son bonheur.
A notre époque, les révolutionnaires faméliques et crasseux n'existent pratiquement plus. Ils ont été atteints eux aussi par la vague de promotion sociale. Plus ils sont instruits et élégants, et plus ils sont à craindre.
Œuvres de Albert Cossery