Afin d'être aussi libre que possible dans ma propre imagination, je ne peux pas prendre de positions fermées.

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Il y a une solitude que l'on peut bercer. Bras croisés, genoux remontés, on se tient, on se cramponne et ce mouvement, à la différence de celui d'un bateau, apaise et contient l'esseulé qui se berce. C'est une solitude intérieure, qui enveloppe étroitement comme une peau. Puis il y a une solitude vagabonde, indépendante. Celle-là, sèche et envahissante, fait que le bruit de son propre pas semble venir de quelque endroit lointain.
Un pas de plus, voilà tout ce qu'elle pouvait voir de l'avenir.
Une petite fille. Qui essayait de se trouver un endroit alors que rien ne mène à rien.
Elle souhaita sentir les doigts de Baby Suggs lui malaxer la nuque, la remodeler, en disant : « Dépose-les, Sethe. Épée et bouclier. Pose-les. Pose. À terre, l'un et l'autre. À terre au bord de la rivière. Épée et bouclier. Ne cherche plus la guerre. Dépose tout ce fourbi. Épée et bouclier. » Et sous la pression des doigts et de la voix paisible qui ordonnait, elle s'exécutait. Les lourds poignards de ses défenses contre le malheur, les regrets, l'amertume et la douleur, elle les déposait un à un sur la rive au-dessous de laquelle ruisselait une eau claire.
Tu dis que tu vois des esclaves plus libres que des hommes libres. L'un est un lion dans la peau d'un baudet. L'autre est un baudet dans la peau d'un lion.
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