Plaisante raison qu'un vent manie, et à tout sens!
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A force de parler d'amour, on devient amoureux. Il n'y a rien si aisé. C'est la passion la plus naturelle à l'homme.
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À lire aussi de Blaise Pascal
Le premier effet de l'amour, c'est d'inspirer un grand respect ; l'on a de la vénération pour ce que l'on aime. Il est bien juste : on ne reconnaît rien au monde de grand comme cela.
Les preuves ne convainquent que l'esprit. La coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues; elle incline l'automate, qui entraîne l'esprit sans qu'il y pense.
Rien n'est si semblable à la charité que la cupidité, et rien n'y est si contraire.
Nos sens n'aperçoivent rien d'extrême.
Dans la même œuvre
Le premier effet de l'amour c'est d'inspirer un grand respect.
Cet oubli que cause l'amour, et cet attachement à ce que l'on aime, font naître des qualités que l'on n'avait pas auparavant. L'on devient magnifique, sans l'avoir jamais été.
Il y a des passions qui resserrent l'âme et qui la rendent immobile et qu'il y en a qui l'agrandissent et la font répandre au dehors.
L'on demande s'il faut aimer. Cela ne se doit pas demander, on le doit sentir. L'on ne délibère point là-dessus, l'on y est porté, et l'on a le plaisir de se tromper quand on consulte.
La netteté d'esprit cause aussi la netteté de la passion ; c'est pourquoi un esprit grand et net aime avec ardeur, et il voit distinctement ce qu'il aime...